Fwiyapin

Voici la présentation d’un nouveau parcours sur Fwiyapin. Celle d’une jeune guadeloupéenne qui travaille chez un leader mondial de la Chimie, à Londres. Pour tous ceux qui sont intéressés par son domaine, futurs étudiants, jeunes professionnels, etc… n’hésitez à démarrer les discussions en commentaires, en posant toutes vos questions !!

Tu as grandi en Guadeloupe, peux-tu nous raconter ton départ: Pourquoi et est-ce que ça a été difficile ?

Je suis partie en France à l’âge de 20 ans après avoir fait une classe préparatoire en physique-chimie à Baimbridge. J’ai passé des concours et j’ai réussi à intégrer une école de chimie à Strasbourg. J’avais aussi envie de partir de la Guadeloupe pour vivre autre chose. C’était excitant d’être dans un environnement différent, surtout au début parce qu’on découvre pleins de choses. Mais vivre seule n’est pas toujours facile; vivre la différence culturelle non plus. Le changement de climat, de mode de vie, d’alimentation, l’indépendance et la solitude…. ça fait beaucoup à gérer. La plupart d’entre nous arrivent à surmonter ça de toute façon.

Comment s’est passé la suite? Et ton début de carrière?

Ce que je faisais à fini par me plaire. Surtout lorsque j’ai commencé à partir à l’étranger pour faire des stages. 6 mois à Oslo en Norvège où j’ai travaillé à l’institut SINTEF (c’est là que j’ai su que je voulais faire de la recherche par la suite). 4 mois à Leiden aux Pays-Bas, à l’université, c’était naze, et c’est là que j’ai su que je ne ferais jamais une carrière académique. Ensuite j’ai postulé pour des postes de doctorants un peu partout: en France (sans succès), à Montréal (où j’ai été prise), en Norvège encore et en Angleterre à Johnson Matthey Pour celui là, j’avais postulé par principe mais sans vraiment y croire. Johnson Matthey étant leader mondial dans la production de métaux précieux et de catalyseurs, je me suis dit que mon CV passerait inaperçu parmi les centaines de dossiers de candidature qu’ils devaient recevoir. Eh bien à ma grande surprise j’ai été convoqué à un premier entretien téléphonique puis un second entretien pour lequel ils m’ont fait venir au centre de recherche de Reading (à l’ouest de Londres). Le poste répondait à toutes mes attentes: c’était une thèse en industrie (fini la vie étudiante (rires). J’étais donc mieux payée qu’un thésard à l’université; en industrie on bénéficie de plus de moyens matériels, on a moins de chance de se retrouver bloqué par une machine qui est tombée en panne et dont l’institut ne peux pas payer la réparation..
On travaille sur des projets ayant une application industrielle – je ne me vois pas bosser sur un projet qui ne sera pas exploitable par la suite, c’est aussi ça le problème de faire une thèse à l’université. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne fait que de la recherche fondamentale à l’université. On travaille dans des équipes de chercheurs dynamiques et motivés. On a plus d’opportunités pour présenter son travail, meetings, séminaires, conférences etc. La difficulté est de réussir à quand même produire un travail académique sur un sujet très industriel. Avec tout le boulot que j’ai fait, il ne me reste pas beaucoup de temps pour étudier la théorie, consulter l’état de l’art…Il s’agit d’un projet pour jouer en bourse en ligne et cela consistera a faire du trading sur ETX Capital qui est un broker de bourse online au même titre que peut l’être par exemple le plus connu PLUS 500.

Comment s’est passé ton adaptation en UK ?

En ce qui concerne ma vie en Angleterre, je me suis très vite adaptée. La culture est très différente de celle de la France, mais au fond ce qui est important quand on vit à l’étranger c’est de savoir s’entourer des bonnes personnes, parce que ce sont elles qui vont faire qu’on gardera un bon/mauvais souvenir de notre séjour, et de faire un travail intéressant, parce qu’on y passe au moins 9 h par jour. Le reste ce sont des détails.
Je suis à mi-chemin de ma thèse. Je ne sais pas encore ce que je vais faire après; je dois participer à 2 conférences cette année, ce sera donc l’occasion de rencontrer les gens qui travaillent dans mon domaine – job opportunity?

Te vois tu rentrer? Si non, pourquoi? Si oui dans combien de temps ?

Je pense que je rentrerai aux Antilles un jour, je ne sais pas quand. Je pense qu’avant cela je voudrais continuer à travailler dans le domaine des piles à combustible, dans d’autres chemical companies, peut-etre dans d’autres pays.

Quels sont les conseils que tu peux donner aux jeunes antillais ?

Je n’ai pas vraiment de conseil à donner. J’ai la chance de faire un boulot que j’aime, et d’avoir vécu dans des environnements différents dont l’ile maurice, ce qui est toujours enrichissant. On apprend toujours de nos expériences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises – comme à Leiden. Je ne vais pas dire aux jeunes antillais de voyager à tout prix, je pense que cela de la personnalité et des envies de chacun.