Bienvenue en Armorique: voyage au bout de la terre (hexagonale)

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Digemer mad e Breizh!

breizhFwiyapin s’est rendu pour vous à la pointe occidentale de la France continentale avec pour destination finale ce département où comme son nom l’indique la terre se finit. Quelques millions d’irréductibles gaulois résistent, revendiquent leur héritage celtique, leur patrimoine culturel et linguistique face à l’Etat jacobin et centralisateur soucieux d’effacer toute différences entre les régions qui le composent. Nous avions rendez-vous avec une délégation de militants clandestins autonomistes, indépendantistes ou séparatistes. Las, munis d’un plan en langue culturelle régionale esquissé sur une succulente crêpe et d’une serviette de restaurant en guise de dictionnaire breizh/français; nous nous sommes égarés après la dix-septième clairière de la forêt de Brocéliande en confondant menhir et dolmen. Peut-être les litres d’hydromel absorbés auparavant pour une meilleure adaptation dans le milieu y sont pour quelque chose…

Ne vous inquiétez pas, cet article ne va pas tourner au publi-reportage, l’office du tourisme de Bretagne a refusé l’offre du Fwiyapin – grand mal lui en a pris – à savoir un papier dithyrambique en échange de bouteilles de cidre, de chouchenn, de far et de Kouign amann (a pa sa zo ka pensé sé nom a gato la… band’ malélivé!). Nous entendons donc rapporter ici les conditions de vie extrêmement difficiles des habitants de cette contrée. Le soleil ne parvient à traverser l’épaisse couche de nuages gris que trois ou quatre fois par siècle. La probabilité d’y attraper un coup de soleil est la même que de succomber d’hypothermie lors d’un bain à l’anse Thomas. Si les rayons de l’astre solaire ne se précipitent pas sur le sol breton, on ne peut pas en dire autant de la pluie. C’est un crachin permanent qui s’abat sur vous à croire que la prochaine étape c’est le ciel qui vous tombe sur la tête! Surtout ne faites pas mention de ces averses qui se déversent sur votre personne: nos amis bretons sont très susceptibles. Pourtant, grâce à cette météorologie, ils bénéficient d’un beau pays verdoyant et fleuri. Dommage qu’ils aient tout salopé avec leurs cochonneries! Mais si vous voulez en parler avec eux, ils risquent de vous dire d’allez vous faire ongulés…

breizh-2En matière d’écologie les guadeloupéens n’ont aucune leçon à donner, mais nous ne pouvons rester silencieux devant le lisier infect qui s’étend sur la péninsule. Le deuxième drame de la Bretagne, que tout visiteur peut (res)sentir, palper du pif, sonder par le nez puis s’en protéger par l’apnée est celui de la production porcine. L’eau du robinet est devenue imbuvable, les rivières et les nappes phréatiques sont souillées et pleines de nitrate. Le baigneur du coin a de quoi s’étouffer sous les 300 000 tonnes d’algues vertes annuelles, conséquence des déjections de cochons. Après les marées noires (la manche est parmi les lieux de passage maritime les plus fréquentés au monde) des célèbres Amoco Cadiz et Erika, respectivement en 1988 et en 1999, voilà donc les marées vertes. Comme dans le cochon tout est bon, on récupère ces algues pour… engraisser les cochons! On a même parlé de projets d’usines de bio-carburants fabriqués à partir des excréments et des déchets d’abattoir. Des éoliennes sont d’ailleurs installées pour brasser cet air malsaindoux et envoyer les mauvaises odeurs vers les Etats-Unis. Selon Le Télégramme (quotidien le plus occidental de l’hexagone) du 18 août 2008, deux chiens sont morts d’avoir joué dans les algues et un homme les ramassant avec son tracteur a eu un évanouissement. Tout ça pour dire qu’avec environ cinq cochons pour un habitant et une sacralisation du porc (dans l’église de Saint-Paul à côté de Saint-Antoine par exemple), leur temps de cochon ils ne l’ont pas volé! Le Fwiyapin espère que ce message arrivera à bon porc… et soutient avec toute l’empathie possible les habitants de Conodor (Sainte-Rose) qui subissent quotidiennement les outrages pestilentiels de la porcherie appartenant à un membre de la famille d’un certain député cumulant également la présidence de la région Guadeloupe.

Heureusement pour les gens bons de Bretagne il y a la mer quand ils en ont marre de leurs cochons, choux-fleurs, maïs ou artichauts. De très nombreux oiseaux vivent aux abords du littoral. Inutile de vous donner leurs noms vous ne les retiendriez pas. Fwiyapin n’est pas un site d’ornithologie et en plus on ne vous prend pas pour des pigeons même si de belles tourterelles se posent sur nos branches… En matière de fruits de mer et crustacés, les étals des poissonniers et mareyeurs sont bien garnis. Si vos poches ne sont pas percées, vous pourrez vous offrir tourteaux (pour un calalou aux algues vertes?), langoustines et araignées de mer. Dans le cas où votre compte en banque est en rade comme une chaloupe à marée basse, allez ramasser sur les rivages palourdes, clams, praires, amandes ou coques. Des moules et des coques… les bretons ont beau être complètement à l’Ouest ils ne perdent pas le Nord! En parlant de septentrion, la perfide Albion semble vouloir reconquérir cette terre qu’elle appelle Brittany. On aperçoit des cabines téléphoniques rouges, des bus londoniens et des établissements commerciaux signalés dans la langue de Shakspeare par des wine & beer et des fish & chips destinés à des anglais rougeauds et avinés. Autrefois, la ville de Roscoff était spécialisée dans la culture de l’oignon et des milliers de Johnies (littéralement petits John) partaient vendre les bulbes aux habitants des contrées celtiques anglophones. Alexandre dumas fait référence à cette ville dans le chapitre consacré à l’oignon dans son grand dictionnaire de cuisine. Désormais, Roscoff est le lieu de débarquement des ferries anglais – un casino les attend les bras ouverts – et le port le plus proche pour se rendre à l’île de Batz. L’île de Batz, douce et agréable, abrite en son extrémité un joli jardin tropical à l’abri des vents grâce à une cuvette artificiellement creusée et une barrière de pins empêchant le vent d’y pénétrer.

Les bretons sont susceptibles mais peu rancuniers. Il y a pléthore de lyannaj qui nous relient à nos amis bretons même si les ancêtres des guadeloupéens ne sont pas majoritairement gaulois. Sans oublier le passé et passif douloureux du port négrier de Nantes (la Loire-Atlantique n’est pas administrativement rattachée à la Bretagne mais aux pays de la Loire; n’empêche que des inscriptions vous rappellent l’égalité suivante 44 = Breizh), mis à part vos ké a kochon dans vos dombrés, en dehors de la folklorique course du Rhum et de l’héritage « génétique » breton dans la population antillaise, on pourrait citer l’album d’Akiyo produit avec des musiciens traditionnels bretons et Astérix qui parle dorénavant en créole grâce à Hector Poulet.

Kenavo
Adan on dot soley’

2 Commentaires

Macbokit  on août 21st, 2008

Merci pour la balade :)

Chronique cinéma: Louise Michel, Parisot la sortie | Fwiyapin  on janvier 19th, 2009

[...] vient ajouter la French Touch si caractéristique de la Gaule, et plus particulièrement de l’Armorique. Les ancêtres de l’aristocrate prêtaient de l’oseille à Louis XIV, notre homme lui a [...]

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