Le Mika déchainé: Un canard déchainé
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : KamAujourd’hui, je ne vais pas vous parler de mon journal préféré, nonagénaire en pleine forme: un certain hebdomadaire satirique paraissant le mercredi. Non plutôt évoquer un des nombreux canetons qui y ont puisé leur inspiration et qui partagent un certain esprit de dérision tout en demeurant engagé. Laissons donc de côté le meilleur journal de France, de la galaxie et de sa banlieue pour un canard 100% lokal. En ce qui me concerne, c’est seulement au mois de mai que j’ai découvert dans une librairie de Lapwent un mensuel guadeloupéen. Certains d’entre vous le connaissent certainement: Le Mika Déchaîné. Avec un nom rendant clairement hommage au palmipède je me suis jeté dessus avec surprise et curiosité. Le Mika ouvre son grand bec puisqu’il a pour devise qui ne dit mot consent. Comme le Canard Enchaîné il n’y a aucune publicité dans ses colonnes. Le mika pour ceux qui ne savent pas est cette chaussure en plastique , bien pratique lorsqu’on se balade près des rivages plein d’oursins qui veulent vous masser la voute plantaire. Les mika sont également appelées « méduses » ou « squelettes » en hexagone. Ça tombe bien le journal est allé trainer ses pieds le long des côtes qui appartiennent au domaine public qui ont été accaparées par des riverains peu scrupuleux. La publication du journal indépendant, d’information et d’opinion est réalisée sous l’égide de l’association Mawonaj Citoyen. La rédactrice en chef Gladys Démocrite, chapeaute sa petite équipe composée de plumes trempées dans du jus de citron (bio). Les articles sont signés par des personnes cachées sous des pseudonymes. Qu’ils sont courageux ces Malfini, Moz, Deor, Alex Sédé, Helena Turel (i té bèl tala) ou Cklo Colvil!! Un peu comme certains qui écrivent sur Fwiyapin… Les idées développées dans le Mika ne vous en toucheront pas une sans faire bouger l’autre pour paraphraser un poète, ancien président de la République qui touche 30 000 euros par mois, hébergé chez des amis au 3 quai Voltaire. Et si vous trouvez les articles un peu justes ou pas assez consistants, à chaque numéro le journal consacre un débat avec des entretiens ou des témoignages d’experts, de spécialistes, de gens qui s’y connaissent quoi. Ainsi en mai, les entretiens étaient axés sur les crimes de 1967 . En juin, un thème décoiffant s’étale dans le journal: notre rapport aux cheveux. Encore un sujet capilotracté diront les mauvaises langues. Le mois suivant, c’est un dossier consacré à la défiscalisation, à ceux qui en profitent et les combines proposées par des cabinets d’affaires. Le numéro de septembre traine ses mikas « à la découverte de nos blancs péyi ». Le titre peut surprendre ou choquer, mais le contenu est bien informé et nullement haineux. Le journal, qui est passé à 12 pages au lieu de 8 pour la rentrée, vous propose deux interviews de blancs créoles ou békés. Vous pouvez lire en ligne celle d’Edouard Boulogne (sur son blog ou le site du journal), qui a préfacé le bouquin de François-Xavier Guillerm in(dépendances) créoles. A lire également dans le numéro du mois dernier un débat un brin polémique sur la guerre de 1802. Frédéric Régent défend une thèse un peu bancale: le rétablissement de l’esclavage serait une conséquence de la révolte des officiers (Ignace, Delgrès,…)! En ces temps de xénophobie ambiante, Le Mika consacre une rubrique décernant le prix de l’expulsion du mois. Nul doute que le numéro d’octobre récompensera le préfet et son équipe pour l’expulsion de Jephté.
Mi kam déchainé
Comme nous l’avons relaté dernièrement, Dom Actu s’est pris une cabèche sur la caboche de la part de Caraib1créole parce qu’il aurait pompé les propos de Penchard, fille de sa mère, sans citer sa source. Bien sur il n’est pas exclu de penser que derrière tout ça, il y a un média engagé qui profite de cette bonne raison pour lâcher un coup de semonce en pleine tête à un ersatz de dépêches A(DA)FP.
Voilà-t-il pas que dans le Mika Déchaîné de septembre, un article est consacré au Vigiegate. Et voici ce qu’on peut y lire dans un article intitulé Watergate/Vigiegate: trouvez le lien : « Il s’agit d’une réalisation pharaonique comme le mentionnent de nombreux sites sur le net. » Ah bon? Au mois d’août dernier si Le Fwiyapin n’a pas sorti un scoop, rares étaient les sites qui en parlaient… Que nos amis du Mika se rassure on ne sortira pas de 22 long rifle comme Zandwonis, nous sommes plutôt 44 longues Reef. Mais un petit clin d’œil, pas un article dédié comme ici quand même, aurait été apprécié. Nos médias sont complémentaires et sans être alignés l’un sur l’autre, ils semblent sur la même longueur d’onde tropicale. Le Mika Déchaîné a besoin de lecteurs réguliers, d’abonnés et de soutien militant si nécessaire. Bien s’informer à un prix, les journalistes sont passionnés par leur métier mais ils ne vivent pas d’amour et d’eau fraiche. En plus, je le précise à nouveau, il s’agit d’un journal sans publicité, donc qui ne sera ni censuré ou pire pratiquera l’auto-censure pour ne pas mécontenter un annonceur. Vous lirez dans ses colonnes ce que vous ne lirez pas dans France-Antilles, ce que vous ne verrez pas au JT de la chaîne du service public. Il y a à peine un an, un hebdomadaire satirique symbolisée par un chien sans os ni maître s’est mofwazé en ectoplasme. Souhaitons longue vie au Mika Déchaîné! Vous avez compris le message,abonnez-vous, achetez-le, lisez-le, faites-le passer à tous les esprits affamés!
9 Commentaires
rinaldo maurice on octobre 3rd, 2008
J’ai envoyé à ce mensuel mes propos sur les déportés GUADELOUPEENS et HAITIENS.Il ne m’a pas répondu,encore moins commenté ,pour sa gouverne le Progrès Social est aussi resté MUET !!!!
TANDIS LE JOURNAL ELECTRONIQUE CARIB CREOL ONE L’a fait bravo a eux ainsi qu’à BONDAMANJAK VOLCREOL PYMENLA CERCLE FRANTZ FANON CORSICA ……MERCI A EUX!
Le bon côté d’INTERNET ON A TRACE DE QU’ON ENVOIE.
QU’ils le veuillent ou pas CE DOSSIER DES DEPORTES ANTILLAIS SORTIRA DE L’OUBLI D’une manière simple ou avec FRACAS.
JUSTICE DOIVE ETRE FAITE A NOS PARENTS CRUCIFIES
Deor on octobre 4th, 2008
Voilà qui est rectifié
http://www.lemikadechaine.com/Echange-de-beaux-procedes.html
yoya on octobre 6th, 2008
Très chouette site que je ne connaissais pas! Et hop! Dans les « favoris »
Merci encore à Fwiyapin et à tous les « indépendants/non professionnel » pour ces sites de qualités et ces sujets (presque) toujours interessant et pertinant.
Bon courage à toutes et tous.
isabelle on octobre 6th, 2008
ouais j’ai adopté le Mika Déchaîné il y a très peu de tps en le découvrant par hasard (comme Fwiyapin d’ailleurs lol). Très bien écrit, sujets super intéressants, et les interviews sont une excellente idée pour connaître la position de certaines personnalités (pas forcément VIP).
Bonne continuation au Mika!
Ari on janvier 31st, 2009
Appel à la Fraternité
L’heure de réveil de l’esprit de fraternité et d’unité a sonné.
Je suis un Guadeloupéen d’une quarantaine d’année. J’ai la faiblesse de me croire ouvert et tolérant. Je suis plutôt un pacifiste et j’aime mon pays. Je ne souhaite pas plus parler de moi car je considère le message plus important que le messager et je l’adresse à tous.
La Guadeloupe étant un département français son système économique est le même que celui de la France et donc du système occidental, à savoir la loi du marché et de la croissance entraînant compétitivité, agressivité, conflits, brutalité, cupidité, égoïsme, manipulation. Un système qui permet toutes les injustices tous les abus sous couvert de pragmatisme économique et qui prétend être l’unique système viable.
Ce système ou 1% de la population possède 40 % de la richesse de la planète, ou 34 000 enfants meurent chaque jour, ou 50% de la population mondiale vit avec moins de 2€ par jour et où le profit et l’argent sont souvent les principaux déterminants des choix qui sont posés. Un système qui engendre un nombre croissant de laissé-pour-compte et donc de souffrance. Un système qui détruit inexorablement la Planète (notre seule maison).
Les fourmis sont mieux organisées que ça.
Ce système qui accepte la violence, dans toutes ces variantes, comme allant de soi, jusqu’à nous faire croire que nous, les êtres humains, étions intrinsèquement mauvais. Rien n’est plus faux que cela et tous ceux et toutes celles qui ont soigneusement contribués à nous enfermer dans cet esclavage mental vont devoir se rendre à l’évidence : Nous sommes meilleurs, plus grands et plus forts qu’ils ne l’imaginent.
Aujourd’hui à l’image de l’ensemble du peuple de Guadeloupe, je me réveille de l’illusion de liberté dans laquelle j’étais plongé et je suis déterminé à reprendre mon destin en main en cessant de soutenir ce système.
Ne vous y trompez pas puisque si ma détermination est certaine et si elle s’exprime avec force, aucune colère n’habite mon cœur. J’assume pleinement ma part de responsabilité à propos de ma situation économique et sociale.
Pendant trop longtemps j’ai fermé les yeux sur les agissements de ceux à qui nous avions tous confiés la sauvegarde de notre bien-être, bien qu’au fond de moi je soupçonnais et parfois savais ce qu’ils faisaient. Je souhaitais la facilité alors j’ai laissé faire en leurs remettant les clefs de mon bien-être. Ils devaient s’occuper de tous ce qui me semblait, soit trop compliqué, soit trop rébarbatif. Erreur.
En fait ils se sont surtout occupés d’eux, de leur plan de carrière, de leurs belles maisons, de leurs bateaux et ont tout fait pour que cela ne s’arrête jamais. Ils sont devenus des drogués du pouvoir. Ils sont allés jusqu’à orchestrer la comédie des partis afin de me faire croire qu’il y avait de l’alternance alors qu’en réalité ils se partageaient le gâteau du pouvoir et de l’argent.
Ils ont récemment, avec l’affaire des banques, joué une nouvelle carte afin d’accentuer un peu plus mon esclavage. Grâce à ces énormes prêts passés auprès des banques centrales, soit disant pour sauver les banques, ils vont pouvoir exiger de moi de travailler plus et de gagner moins afin de rembourser la non moins énorme dette que l’Etat, c’est-à-dire vous et moi, a contracté.
En parallèle ils détricotent tous les services publics (Education, Sante, Energie, Transport, Média etc..) dans le but évident de les revendre pour une bouché de pain à des capitaux privés pénalisant ainsi les plus défavorisés d’entre nous, c’est-a-dire tout ceux qui n’auront pas les moyens de payer. J’imagine déjà la justification de cette opération : « L’Etat est en déficit, les caisses sont vides et nous avons besoin d’argent pour rembourser une partie de la dette». Et ils croient que je vais encore les laisser faire ?
Pour mieux me contrôler, nous contrôler, ils ont inventés le terrorisme afin de renforcer un Etat de plus en plus policier, pour distiller la peur et la division, tout en déstructurant le système judiciaire. Mais je n’oublie pas, ce sont des hommes et des femmes comme moi. Ils ont, un jour, comme moi, portés des couches culottes. Comme eux, je suis un homme tout à fait capable de savoir ce qui est bon, juste et utile pour moi et pour l’ensemble. Je suis décidé à me reprendre en main et à assumer la responsabilité de mon bien-être.
Mon choix de société consiste en une société ou personne n’est à la traîne. Ou le bien être et les besoins de chacun, homme, femme, noir, blanc, jaune, rouge, pratiquant, non pratiquant, croyant, non croyant, jeune, vieux, handicapé, valide etc.. sont pris en compte et ou chacun est respecté et honoré pour ce qu’il est sans distinction d’aucune sorte. Pour moi tout le monde est important. Mon choix de société consiste également à un partenariat conscient et respectueux avec la Terre, car c’est elle qui me nourrit, me protège et prend soin de moi.
Aujourd’hui je me joins à cette partie du peuple français debout face à eux et j’exige d’eux des changements radicaux dans leurs choix sociaux et économiques.
C’est en Guadeloupe que se cristallise cette exigence et si je dis « peuple français » c’est parce qu’il l’est profondément et qu’il l’a plus que prouvé. Mais il n’est pas seulement Français, il est avant tout Guadeloupéen, avec une âme généreuse, joyeuse, aimante, mais également forte, puissante, et rebelle. Rebelle aux injustices, aux abus, aux égoïsmes de toute sorte. C’est un aussi peuple lucide qui connait ces faiblesses et qui accepte également les faiblesses des autres tant qu’existe un respect mutuel. Son cœur est toujours ouvert et sa main toujours tendue vers l’autre, comme le sont souvent les peuples habitant sous les tropiques.
Aux politiques et sociaux-professionnels Guadeloupéens, dégagez vous de ce système économique. Cessez de le soutenir, que se soit activement ou, comme pour la plupart d’entre vous, passivement car vous le savez injuste et inadapté. Vous valez mieux que ça. Ne vous enfermez pas dans le discours de ceux qui prétendent savoir ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Ayez une vision nouvelle pour vous et pour votre pays. Vous avez cet atout que beaucoup de dirigeant hexagonaux n’ont pas, vous avez la foi. Servez-vous en. Demandez à être inspirés. Ayez confiance en vos compatriotes et ils vous soutiendront. L’heure n’est plus aux calculs mais à la prise de risque car c’est ensembles que nous ferons avancer les choses.
J’en appelle maintenant à tous ceux hors de Guadeloupe qui, comme moi, exigent un changement radical de politique, à me soutenir, à nous soutenir moralement et matériellement car nous aurons besoins de tous pour gagner cette bataille. Elle n’est évidemment pas seulement la notre mais elle doit avoir un point de départ et c’est ici en Guadeloupe qu’elle commence. Je n’attends rien du gouvernement, je suis au contraire convaincu qu’il fera tout pour conserver sa mainmise.
Nous sommes tous dans le même bateau, noirs, blancs, jaunes etc… , voici venu le temps de la vrai fraternité. Ne nous laissons pas dominer par la peur. Peur de manquer, peur d’échouer, peur de la solitude. Prenons soin les uns des autres. Nous ne sommes en fait jamais seuls.
Frêres et soeurs de la Guadeloupe c’est à nous de jouer maintenant en rappelant à tous que mes frères et mes sœurs sont de toutes races et de toutes couleurs. La fraternité c’est de prendre soin des autres comme on prend soin de soi-même. Donnons-nous la main, partageons ce que nous avons avec ceux qui n’ont plus rien.
Yon’n a lôt, sé ansan ‘m nou ké rivé
(Nous sommes Un, c’est ensemble que nous y arriverons)
AD
L'interview (presque) imaginaire de Thierry Fundéré | Fwiyapin on février 16th, 2009
[...] A.P: Bon, vos collègues hurlent à la censure mais tant que votre média dépendra des annonceurs, ce problème ne trouvera pas de solutions pérennes. Cela fait un moment qu’il en est en question, vous comptez quitter RCI? T.F: J’y ai réfléchi effectivement. Mon vocabulaire n’est pas suffisamment marxiste pour Les Nouvelles étincelles et je ne montre pas assez patte noire anti-colonialiste pour CaribCreoleOne. Je crois que je vais postuler au Mika Déchaîné! [...]
Le Mika continue de se déchaîner: # 18 | Fwiyapin on mai 21st, 2009
[...] mensuel guadeloupéen Le Mika Déchaîné poursuit son aventure médiatique. Vous saurez le trouver dans les bons kiosques. Mieux vous pouvez [...]
banque en ligne on octobre 11th, 2009
On le connaît le Mika, trop sympa. De la vraie graine de Canard.



Deor on octobre 3rd, 2008
Ca nous fait tellement plaisir…
Pour l’article sur le Vigiegate, j’en ai parlé à la personne concernée.
Je n’ai pas tellement le temps maintenant, mais je (ou un autre membre de la rédaction) vous recontacterai en bonne et due forme
Plis fôs.