Olivier Besancenot: Redda than Red

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null Le 6 novembre 2008, se tenait au palais de la mutualité de Paris un évènement qui changera la face du monde au moins de la même manière (si ce n’est plus) que l’élection de Barak Obama. Le NPA – nouveau parti anticapitaliste, nom complètement nul par ailleurs – donnait sa première conférence ce soir-là devant une salle comble. A l’entrée, comme à chaque rassemblement de gauchistes, des groupuscules inconnus qui font passer la LCR (ligue communiste révolutionnaire) pour des vendus au capitalisme et autre côté obscur de la farce dont nous sommes les dindons. Des militants d’un collectif de sans-papiers de Nanterre font le plein de signatures pour leur pétition, on reçoit des papiers d’organisations politiques dont les membres ne doivent pas dépasser la dizaine. La pluie nous incite finalement à rentrer. Comparativement aux autres partis politiques, c’est dingue ce que la ligue peut recéler comme jolies filles! A l’UMP y en a aussi mais vous irez leur causer de quoi? Des sacs Louis Vuiton de Carla Bruni? Des talonnettes à Sarko ou de l’ISF et de la subtilité des niches fiscales? Franchement s’entretenir sur la chute de Babylone et la façon dont on va s’y prendre, voilà qui est plus bandant! Le public, jeune et enragé, était donc au rendez-vous pour cette première présentation du nouveau parti qui signera l’acte de décès de la LCR. Sur la tribune se succèdent un ouvrier des NMPP (nouvelles messageries de la presse parisienne), une étudiante de Nanterre, une institutrice, un employé CGT (tiens le PC est en perte de vitesse dans le noyautage de ce syndicat?) et deux travailleurs sans papiers. Ça sent les préparations à l’arrache, les intervenants ne sont pas des spécialistes de la communication mais le public, conquis d’avance est clément et applaudit chaudement. Bien sûr pour finir, c’est au tour de la (red) star de la LCR, Olivier Besancenot le MC (master communist), de prendre le micro.

Beuhsancenot: le produit stupéfiant de la LCR

Cela fera bientôt 40 années que les membres historiques de la ligue dont Alain Krivine se réclament du communisme (pourquoi pas après tout) mais cette révolution c’est pour quand déjà? Les “camarades” se sont rendus compte que la révolution viendrait difficilement d’un mouvement post soixhuitard dont on ne compte plus les traitres à la cause ainsi que les rebelles marketing comme l’ont montré les commémorations à dégueuler de cette année. Le symbole le plus perverti est évidemment cette vielle canaille verte-orange de Cohn-Bendit. Pourtant la LCR d’aujourd’hui et le NPA de demain doivent leur succès à la jolie frimousse du facteur de Neuilly. Mais n’allez pas leur dire de telles salades capitalistes, on vous répondra le plus sérieusement du monde que Besancenot ne se pipolise pas du tout; son passage chez Drucker un dimanche après-midi peut en attester. Il n’a pas vraiment réussi à terrifier la ménagère bourgeoise de 50 ballets. Il ferait plutôt atrocement mouiller sa fille et porterait la responsabilité du poster du Che dans la chambre de son gamin qui redécouvre la lutte des classes entre parties de PES – le football un sport de communistes par essence – et ses plans pour changer le monde entre deux bédots. Mais il faudra bien qu’ils le reconnaissent, ce n’est pas uniquement le beau programme de la LCR qui lui a donné plus d’un million de voix en 2002 et presque un 1,5 million en 2007! C’est bien sa tronche de parfait gendre qui fait que la ligue a dépassé le moribond parti de la place du colonel Fabien et les verts plus pourris que mûrs, autrefois composantes de la gauche plurielle. Le PS est bien embarrassé avec tout de suite à sa gauche un parti non gouvernemental (sans parler des saillies médiatiques et opportunistes de Bayrou qui font parfois passer le PS pour un parti de droite modéré). L’implosion du parti socialiste est surement la meilleure chose qui puisse arriver à la gauche de ce pays, que les “vrais” laissent Royal et les ténors du parti copiner avec le MODEM et continuer de croire que le capitalisme peut être régulé. Que va devenir l’homme sur qui des flics payée par la société privée qui commercialise le TASER, cette doucereuse arme prétendument non létale ont enquêté sans trouver quoi que ce soit de croustillant? Une vie ennuyeuse et trop lisse? Pas de comptes au Japon, pas de maîtresses, même pas un petit vol de colis à son taf? Voilà quand même un type surprenant, pris dans le rôle qu’il doit jouer. Un gars qui a une licence d’histoire – héhé! c’est trop tard pour être prof il faut un master maintenant! – et qui n’essaie pas de devenir autre chose que postier. Certes ce n’est pas un métier dévalorisant comme flic ou militaire, mais combien de facteurs ont la possibilité de faire autre chose? Si Besancenot arrêtait de travailler ou occupait une fonction moins pénible, plus “intellectuelle”; il ne pourrait plus avoir ce côté irréprochable du travailleur modeste. Une fois la LCR dissoute, il pourra prendre des vacances et s’occuper dignement de sa petite famille. S’il adhère au NPA, il faudra qu’il s’efface pour ne pas décrédibiliser le mouvement que doivent rejoindre de nombreux déçus des parti socialiste, communiste et des Verts. Tout le charisme et l’aura de Besancenot partiront alors avec lui, dommage pour les anti-capitalistes…

Une bête de scène

Sans confondre LCR et langue culturelle régionale parlez-vous le besancenot? Un dialecte marqué de concepts antinomiques, des allusions à un “système” qui nous broie. Si vous ne saviez pas que nous sommes confrontés à une triple crise, financière, sociale et environnementale; que vous n’avez toujours pas compris la crise des subprimes (vous ne lisez pas assez Fwiyapin dans ce cas là) et qu’elle n’est pas un excès du capitalisme et du libéralisme mais bien leur conséquence; alors Besancenot est le type qu’il vous faut. En plus, tout sérieux qu’il est il n’a pas son pareil pour nous plier en quatre en rappelant les clowneries de Sarkozy, Lagarde, Woerth et autres. Mais oui souvenez-vous les sketchs à propos du pouvoir d’achat, le point de croissance que le président irait chercher avec les dents, la récession qui ne dit pas son nom sournoisement camouflée en croissance négative, etc. Même si on pige pas tout ce qu’il dit, qu’est-ce qu’il cause bien l’Olivier. Bien sûr, pour qu’on comprenne bien, il n’hésite pas à marteler pour que le clou anti-capitaliste et anti-libéral s’enfonce bien dans l’encéphale de l’auditeur. Ainsi lors de son discours OB (tiens il a les mêmes initiales qu’ un célèbre président) a dit plus de 60 fois le mot “crise” et facilement plus de 40 fois le terme “capitalisme” ou assimilé. Et il fait bien gaffe à ne pas dire de mots trop savants, faudrait pas qu’on le prenne pour un petit bourgeois non plus, lui le fils de psy et de prof. Le mot le plus complexe prononcé fut le néologisme titrisation avec 2 minutes pour l’expliquer de manière compréhensible. Mais quand même les discours de Besancenot sont plus envolés que ceux du candidat Sarkozy. Ce dernier usait du “je” jusqu’à l’indigestion alors que Besancenot voit collectif. Il veut crever la bête avant qu’elle nous bouffe tout crus. Changer la direction qu’a pris l’Etat en devenant “le garde du corps des capitalistes”, proposer un projet de société alternatif; voilà en substance les objectifs du NPA. Difficile de ne pas être d’accord avec le constat de Besancenot: le capitalisme n’est pas un horizon indépassable, nous n’avons d’ailleurs plus le choix et nous devons inventer autre chose. Mais il porte également en lui de belles contradictions, comment se dire préoccupé par l’environnement et en même temps dire qu’il faut sauver l’industrie automobile? Appeler à un “changement du mode de production et de croissance” serait socialement plus juste mais toujours pas viable sur le plan écologique. Le leader charismatique de la LCR demande un changement de logiciel pour notre société, ça tombe bien on a pu constater sur l’écran derrière la tribune que les camarades informaticiens du NPA n’étaient toujours pas passés sous Linux…

Mové Larouj

6 Commentaires

toto  on novembre 11th, 2008

Article amusant dans son écriture, même s’il révèle que l’auteur écrit sur des sujets qu’il maîtrise de très loin. ;)
Comme par exemple la CGT « noyautée par le PCF » (au moins vingt ans de retard pour le coup, voire plus) ou l’absence de programme écologique du NPA.

L’un des enjeux de la bataille écologique est justement de la lier aux questions sociales.
Et de s’attaquer aux industries polluantes avec les salariés de ces secteurs (qui sont les premiers à en faire les frais) et non contre les salariés.
Le principe de l’écosocialisme est bien de lier de manière transversale la question écologique et la question sociale.

tata  on novembre 11th, 2008

Bien dit toto…!
Mais il est rassurant de constater que notre ami,un peu acerbe, est linuxien….
Maintenant pour etre « in » il FAUT updater son « systeme »…..
D’accord mon ami….mais le reste on le jette…et les bourgeois on les tues ?
Toto ne perds pas ton temps……nous avons a faire a un tétu. ( lui il sait… lui ).

ciao les amis .

que la farce soit avec nous ;-)

Titi  on novembre 11th, 2008

Bernard Thibault il n’a pas sa carte au PCF? Coïncidence surement…

toto  on novembre 11th, 2008

Bernard Thibault est loin d’être représentatif de la CGT. Bien au contraire. Et encore moins de la noyauter.
D’ailleurs il était pour le oui au TCE, en désaccord avec son syndicat (dont il a brisé le mandat au passage).
Aujourd’hui, il est plutôt copain-copain avec Sarkozy, s’il faut lui trouver des accointances politiques. C’est un pauvre type de toute façon.

toto  on novembre 11th, 2008

Ah oui,et ça fait un petit moment qu’il n’est plus au PCF.

Ninjah  on novembre 11th, 2008

PCF, CGT, UGTG… LOL, MDR, PTDR… vive NOUS!

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