Partie II: Pourquoi Obama va gagner
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Après la tirade du chroniqueur Kam sur la façon dont McCain pourrait griller la politesse au sénateur de l’Illinois demain, dans l’élection présidentielle, voici l’instant de Barack Obama, sur FWIyapin.
On a beau les trouver couyons, incultes, arrogants, bwa-bwa prétentieux, il faut avouer que les Etats-Unis ne laissent pas différents, particulièrement en cette veille d’élection présidentielle. Il y a une certaine fascination face à cette hyper puissance (qui n’arrive certes plus à raidir ces jours-ci), face à ces mutations effectuées à la vitesse de l’éclair.
Demain, le candidat démocrate devrait l’emporter. Quoique Kam en dise, et ce pour plusieurs raisons.
La crise économique à changé la donne…
La crise financière qui frappe en ce moment même la planète n’a pas fait que des dégâts dans les banques d’investissements. McCain a également chuté, à l’image de la bourse. La faute à ces fichues théories économiques que le vieux sénateur ne comprend pas forcément, lui le chef de guerre, qui est près à rester « 100 ans en Irak ». Cette foutue crise financière a tout balayer, obligeant McCain à préparer – en urgence – un vrai programme économique pour sortir son pays de la crise. Du coup, il nous a chié un programme sans relief, qui est dans la continuité de ce qui ce faisait déjà, et qui a conduit à la catastrophe financière: moins d’Etat, moins d’impôts. Le capitalisme repart comme en 40. Or, en cette période d’instabilité, où les américains ont découvert, stupéfaits, que les dés de la réussite étaient pipés au profit des financiers, des traders, des maitres du monde, comme dirait Tom Wolf dans Le bûcher des vanités, ils aspirent à autre chose. Obama, bien qu’inexpérimenté, incarne ce changement auquel aspirent les américains. Son programme économique n’est pas forcément mieux ficelé que celui de McCain (on se demande toujours où il va récupérer l’argent pour financer son programme socio-économique…). Il est sans conteste le plus approprié au contexte actuel: un rôle régulateur de l’Etat, une politique fiscale qui vise à combattre l’inégalité, plans pour doter les américains d’une couverture médicale. En ce moment même, McCain joue son vatout en martelant que Barack Obama va augmenter les impôts pour financer son programme (ce qui est probable). Cet argument est traditionnellement est une arme efficace pour contrer les démocrates. Les méchants socialistes!
Pas sûr que ça fonctionne, en ces temps de disette…
Huit ans de présidence républicaine, c’est assez…
George Dabeuliou Bush a laissé son pays dans un sale état, il faut le dire. Si après les attentats du 11 septembre 2001, les américains étaient majoritairement derrière leur président pour les interventions en Afghanistan et en Irak, le nombre de soldats qui ont passé l’arme à gauche et reviennent entre quatre planches, drapés de la bannière étoilées a choqué le pays. Aujourd’hui, Bush est impopulaire. On n’en veut plus de ce clown, de l’autre côté de l’Atlantique. De plus, il est très difficile pour un parti au pouvoir de remporter l’élection pour un troisième terme.
Si l’on remonte un peu le temps, il faut se souvenir que McCain était un républicain parmi les plus modéré. Un « centriste », dira-t-on ironiquement. S’il a toujours cherché à se démarqué et à se détacher de la présidence Bush, il s’est bêtement droitisé en prenant Sarah Palin dans son attelage, alors qu’il est lui-même pour l’avortement. McCain s’est renié, comme un tèbè. Une erreur stratégique de bébé cadum.
De son côté, Obama a choisi l’expérience, avec Joe Biden. Choix gagnant, malgré les quelques gaffes du sénateur du Delaware; il faut dire qu’en face, la Sarah Palin fait bien pâle figure…eh puis imaginez-vous: McCain, 72 balais, est élu président; il claque en plein mandat d’une crise cardiaque, alors qu’il se fait faire une petite gâterie. La présidence du pays reviendrait à Sarah Palin. Effrayant.
Les blancs (pas tous) vont voter pour Obama
S’il existe des beaufs, couyons, qui affirment qu’ils ne vont pas voter pour un nègre comme le montre le reportage de Rue89, ceux-ci ne sont heureusement pas représentatifs de l’opinion des blancs. Les sondages le montrent. Alors venons-en à ces sondages qui donnent le sénateur de l’Illinois gagnant. Dans l’isoloir, seul face à sa conscience, le WASP ne sera-t-il pas tenté de changer d’avis, et de voter McCain? Obama doit-il craindre un effet Bradley? L’effet Bradley, c’est le nom donné au décalage entre les sondages électoraux et les résultats lorsqu’un candidat blanc est opposé à un candidat non-blanc (noir, hispanique, asiatique…). Le nom vient de Tom Bradley, un africain-américain que les sondages donnaient largement vainqueur pour le poste de gouverneur de Californie en 1982.
85% des démocrates blancs affirment vouloir voter Obama. 90% des républicains blancs annoncent vouloir voter républicains. La petite incertitude pourrait se situer au niveau des indépendants où les résultats sont à peu près au même niveau.
L’effet Bradley n’aura pas lieu, car même si les séquelles de l’apartheid subsistent, la société américaine a bien changé depuis les années 60, et même depuis 1982, et Tom Bradley. Les noirs ont occupé et occupent de plus en plus des postes d’importance
à haute visibilité.
Enfin, il faut souligner que Barack Obama ne fait pas peur aux blancs. Il est beau, il parle bien, il est intelligent et a étudié à Harvard. Il ne parle pas sans cesse de conflits et de tensions raciales. Il n’est pas agressif. Il offre ainsi plus de points de repères à la classe moyenne blanche, et se pose en président de tous les américains, et pas seulement des noirs.
Obama n’est certes pas un sauveur. Il ne va pas changer le monde – d’ailleurs personne ne pourra jamais le faire. Il y aura certainement des déceptions et des incompréhensions LORSQU’IL sera élu, sans aucun doute. On peut malgré tout affirmer qu’il sera bien meilleur que le président sortant. Ca ne changera pas la vie des nègres du monde.
Mais ne mettons pas des œillères en affirmant que cette élection n’intéresse, et n’est importante que pour les américains.
3 Commentaires
Naïka on novembre 4th, 2008
Hervé… Hervé… Hervé!! Aye aye aye!!!!
Mi on bél ti article!! Vraiment explicite, clair et précis, pour ceux qui ont du mal avec le « jargon » politique!!
Yes We Can!!!
Majead on novembre 4th, 2008
Soyons prudents… Ne mettons pas la chorba avant le bol et la cerise avant le gâteau ! N’oublions pas qu’il ya des votes électroniques, système, de mon point de vue, peu fiable et manipulable… Ce que je crains, c’est qu’il y ait de la gruge à ce niveau !



Dominique on novembre 4th, 2008
Très bonne démonstration ! on y croit