Cinéma:Euzhan fait son Palcynéma
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : KamParis. Samedi 7 février 2009. Le musée Dapper ouvre les portes de son auditorium pour la projection de trois courts-métrages de réalisatrices martiniquaises.
Les Caribéennes se font des films
En entrée, les spectateurs ont pu voir l’atelier du diable d’Euzhan Palcy. Ce court-métrage réalisé en une semaine avant l’adaptation cinématographique du roman de Joseph Zobel est une des premières fictions en créole. C’est l’histoire d’un garçon intrigué par un homme qui vit reclus dans sa case. Voulant en savoir plus sur celui qu’on appelle le sorcier il fera preuve de courage pour surmonter peur, préjugés et incompréhension. Le diable est interprété par le peintre Joseph-René Khokho Corail. Clin d’œil au film qui fera la renommée de Palcy, le marmot en entrant dans la case de l’artiste remarque Rue Case-Nègre sur une étagère.
Ensuite, comme plat de résistance ital, Pleine lune à Volga Plage de Camille Mauduech montre la Martinique rurale qui se lève tôt. Un couple amoureux de maraîchers qui se lèvent, mangent, se douchent, chargent la camionnette. Tout ça avant que le coq ne chante. En arrivant à Foyal sur le boulevard Charles-de-Gaulle, c’est la rencontre avec les fêtards huppés qui sortent de boites de nuit et qui s’embrouillent, les éboueurs, les ivrognes, les chiens errants et les grosses cylindrées. La réalisatrice révèle que l’envie de faire ce court-métrage lui est venue de ses sorties nocturnes où en rentrant chez elle se coucher, elle était bloquée par les voitures des marchands. C’est Jean-Michel Martial (Ignace dans 1802 L’épopée guadeloupéenne) qui interprète Ambroise. Vous pourrez bientôt voir en salle le film documentaire de cette réalisatrice, Les 16 de Basse-Pointe qui sortira en avril (Hexagone).
Pour finir, des éclats de rire bien frais pour le dessert avec Le dîner de Cécile Vernant. On ne peut raconter le dénouement hilarant de ce diner galant. Contrairement aux deux précédents films , la scène se déroule dans le froid et rien ne vient nous rappeler la Martinique. Mais on s’en fout puisque le rire est universel et celle qui voulait s’accomplir en actrice et qui dit être devenue réalisatrice pour de mauvaises raisons nous fait passer un très bon moment.
Zoom sur les productions antillaises Palcy par là
Le débat qui a suivi avec les trois réalisatrices a confirmé toute la pugnacité et la détermination nécessaires pour exercer cette profession. Encore plus compliqué quand on est une femme, et antillaise de surcroît.
L’incompréhension et le scepticisme de son entourage, hormis le soutien de ses parents, n’ont pas empêché Palcy de concrétiser son rêve. Elle n’a que 14 ans quand elle lit Zobel et décide de l’adapter sur grand écran. Euzhan a rappelé les difficultés qu’elle a eues à réaliser ses films. Comment on lui a fait savoir que son film Rue Case-Nègre était trop… noir! Que si les négrillons ultramarins voyaient ce film ils demanderaient illico leur indépendance! Une vrai souffrance à voir que ce film qui avait eu l’avance sur recettes du CNC (centre national de la cinématographie), gage de qualité et de futur succès, ne trouvait pas de producteurs. Heureusement après sa rencontre avec François Truffaut celui-ci sera emballé et le projet aboutira. Mais aujourd’hui encore, la réalisatrice qui a dirigé Marlon Brando dans Une saison blanche et sèche, ne peut amener certaines de ses idées à terme. Bien sûr elle a la possibilité d’ aller aux States exécuter de juteux contrats hollywoodiens mais elle veut faire du cinéma pour les bonnes raisons et pas pour crouler sous les euros. Les trois femmes ont insisté sur l’importance du soutien de la famille pour se consacrer à ces métiers (artistiques) qui rapportent peu.
De R-C-N à Nèg Maron, le chiffre de 40 long-métrages antillais a été avancé. Vous en connaissez au moins 10? La 13 ème mort du chevalier, le roman de Daniel Picouly inspiré de la vie du chevalier St-Georges n’a pas été adapté au cinéma parce qu’il n’y avait aucun acteur noir « bankable » selon les producteurs… La première étoile de Lucien Jean-Baptiste qui joue également dans Aliker sort prochainement alors que le dernier film de Guy Deslauriers n’a toujours pas réussi à être distribué en Hexagone. Quand ce sera le cas, il faudra se ruer sur les salles et pas pour aller voir les daubes de Will Smith!
4 Commentaires
fifidoli45 on février 9th, 2009
Rectification: Il faut quoi pour qu’on décerne à un film le label de long-métrage antillais.
Réalisatrices équitables » Blog Archive » Revue de presse réalisatrices février on février 16th, 2009
[...] http://www.fwiyapin.fr/2009/02/cinemaeuzhan-fait-son-palcynema/ Je te mangerais est le premier film de Sophie Laloy, une ancienne élève de la FEMI devenue ingénieur du son (Paris je t’aime). [...]
Aliker | Fwiyapin on juin 8th, 2009
[...] Nous avions déjà insisté bien avant cette sortie sur le soutien qu’il fallait apporter aux …. Sans aller jusqu’à parler de militantisme, cet appui économique est nécessaire et vital pour la pérennité du cinéma caribéen. L’année 2009 fut fut un bon crû. Après le documentaire de Camille Mauduech Les 16 de Basse-Pointe, le succès commercial de La première Étoile de Lucien Jean-Baptiste (qui joue également dans Aliker), le documentaire Le Pays à l’envers de la guadeloupéenne Sylvaine Dampierre, voilà qu’arrive le long-métrage consacré au père du journalisme martiniquais comme le définit Patrick Chamoiseau. [...]



fifidoli45 on février 9th, 2009
Pourquoi ils ont pas engagé Will Smith pour jouer le role du chevalier St-georges. Ca aurait eu de la gueule ça.
40 long-métrage antillais! Moi, de tète j’en connais 3.
En fait c’est quoi la définition d’un long métrage antillais: il faut que ça soit un film qui se déroule aux Antilles? Il faut que la grande majorité des acteurs soit antillais? Il faut que le réalisateur soit antillais.
Il faut quoi pour qu’on décerne à un film le label de court-métrage antillais.