Benjamin Button: un film Pitt

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Sur quel gallinacé audiovisuel parier dans le pitt cinématographique ? Avant les productions génétiquement modifiées à venir telles que Hulk le géant vert avec son maïs Monsanto, il y a quelques films visibles en salle actuellement. Le dernier long-métrage de David Fincher (Fight Club) en fait partie.

L’incroyable histoire de Benjamin Button, tout le monde la connaît déjà. C’est un type qui naît avec cataracte, arthrose, et une tronche à effrayer Freddie Krugger. L’intérêt du film est de nous montrer comment il va gérer son rajeunissement inéluctable jusqu’à ce qu’il trépasse d’une mort naturelle, en nourrisson. Et sur cet aspect, le film est très réussi. On s’en doute, il aura une vie bien remplie, pleine de surprises et de drames que nous n’allons pas vous énumérer ici. Attention, si on ne voit pas le temps passé (2h 35), ce film peut ne pas plaire à ceux qui refusent de se prendre au jeu.

Un film un peu créole

Une bonne partie du film se déroule à New-Orleans, d’où Benjamin commencera et achèvera son parcours sur Terre. A la fin de la première guerre mondiale, la mère de Benjamin succombant lors de son accouchement, son père qui le prend pour un monstre l’abandonne au pied d’une bâtisse. Dans cet établissement où Benjamin vivra sa vieillesse (donc son enfance, vous suivez?) il est recueilli par la gérante de ce centre, Queeny, une femme noire. Celle qu’ il appellera Maman, vit avec un type lettré qui cite du Shakespeare. Durant les années pendant lesquelles Benjamin vit en chaise roulante, il fait la rencontre d’un pygmée qui lui raconte comment il était exposé dans les zoos avec les singes dans des cages qui puent. Petit donc, Benjamin apprend à vivre avec sa différence et ne tombe pas dans les pièges des clichés et stéréotypes. Mais sûrement par consensus hollywoodien, durant la vie de Button, on ne fait pas allusion aux conflits raciaux des Etats-Unis. Pourtant dans les neuf décades traversées par Brad Pitt, on apperçoit Roosevelt, Benjamin navigue de ports en ports, se retrouve confronté aux atrocités de la seconde guerre avec un cherokee patriotique, assiste à un décollage de fusée à Cap Canaveral, etc.
Le choix d’une ville culturellement aussi riche que la Nouvelle-Orléans est-elle un hasard ? L’ouragan Katrina, dont les principales victimes étaient noires (et pauvres) conclut la belle fable de Benjamin Button en inondant l’atelier de Mr Gateau, l’horloger qui, ayant perdu son fils métis à la guerre avait créé une horloge dont les aiguilles remontaient le temps comme pour lui rendre son enfant…

bb-gala

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