Film: Les 16 de Basse-Pointe
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Kam

Un mois après le film de Lucien Jean-Baptiste La première étoile, quelques semaines avant la sortie hexagonale de la biopic Aliker de Guy Deslauriers, l’actualité cinématographique antillaise du moment est le documentaire Les 16 de Basse-Pointe. Réalisé par la martiniquaise Camille Mauduech, ce film retraçant le procès de 16 travailleurs agricoles accusés de meurtre en 1948 vous est chaudement recommandé par le Fwiyapin.
Vous avez dit pwofitasyon ?
1948. Cent ans après l’abolition de l’esclavage, deux ans après une départementalisation arrachée au parlement mais dont on ne voit pas les effets d’égalité et d’équité tant attendus, les békés tiennent toujours les rennes économiques du pays. 40 000 travailleurs sont plongés dans l’enfer de la canne dans des conditions que nous avons du mal à imaginer aujourd’hui. Les structures des habitations ont perduré, les travailleurs vivent chez leur patron qui les loge mais les empêche d’aller travailler ailleurs. La pwofitasyon békée, si peu ébranlée par l’abolition et le nouveau statut, essentiellement combattue par les communistes, s’étend toujours sur la Martinique. Nègres et indiens (arrivés vers les années 1850) s’esquintent dans la canne et produisent la richesse des propriétaires usiniers. Sur l’habitation Leyritz, le 6 septembre un administrateur, Guy de Fabrique après s’être présenté accompagné de deux gendarmes devant des grévistes, est assassiné de 36 coups de coutelas. Le film retrace le contexte de l’époque, la disparition du journaliste communiste Aliker quinze ans plus tôt et les ouvriers abattus par les forces de l’ordre sur l’habitation Lajus au Carbet à peine six mois avant la mort du béké.
Procès à Bordeaux
Après l’arrestation de seize grévistes partis en marronage, les autorités décident de changer de lieu pour le jugement. La sympathie de la foule envers les inculpés sur leur terre natale aurait empêché un jugement impartial, c’est-à-dire impitoyable, l’acte de réunion dans un crime de sang étant une circonstance aggravante. Le Parti Communiste, fortement implanté qui dans les colonies, qui en métropole activera tous ses réseaux de militants et de sympathisants pour la défense des accusés. Dans cette grève qui s’était finie par un crime, mais une fois n’est pas coutume du côté de l’oppresseur, le parti n’avait-il pas une responsabilité dans le déclenchement du mouvement ? Albert Crétinoire le maire de Basse-Pointe, bastion communiste du nord de l’île, n’était-il pas visé indirectement par les forces coloniales ?
Arrivés en France, les prisonniers sont soutenus par les dockers (CGT) qui débrayent en signe de solidarité. Une fois transférés à Bordeaux – ville choisie parce qu’ ancien port ayant prospéré pendant la traite négrière? – les jeunesses communistes se mobilisent (la carte postale reprise sur l’affiche du film) et la presse (notamment L’ Humanité et Les Nouvelles) relatent les journées d’ assises. Onze avocats, la plupart communistes, sont nommés par le Secours populaire. Parmi eux Gerty Archimède, première femme député de la Guadeloupe et Georges Gratiant, grande figure politique martiniquaise. Ce dernier fera un discours époustouflant avant la délibération des jurés. Une journaliste de l’Huma qui suivait le procès et un des avocats apportent leurs précieux témoignages. Ainsi Maître Prompt se souvient du passage à la barre de l’ancien préfet Pierre Trouillé qui voulait qu’on lui donne du » Monsieur le Gouverneur » alors qu’il était entré en fonction en 1947…
Des 16 hommes de Basse-Pointe, seuls deux sont toujours de ce monde. Mais l’essentiel n’est pas là. Le documentaire n’est pas uniquement une quête de vérité, c’est une plongée dans la Martinique de ces années-là et un constat des réminiscences qui perdurent toujours actuellement dans les rapports sociaux. C’est le récit d’un liyannaj réussi des forces progressistes antillaises et françaises, seule victoire contre le colonialisme nous dit Mauduech. La guerre est loin d’être gagnée. Si aujourd’hui exploitation, répression et domination ont pris des formes plus atténuées mais plus insidieuses que par le passé, le combat continue contre toute forme de colonisation, à commencer par celle de notre imaginaire.
10 Commentaires
isabelle on avril 17th, 2009
juste pour toi Kam
un blog bien de gauche comme on les aime lol
à peine manichéen, genre les gauchistes sont des anges au-dessus de tout soupçon et philantropes contrairemt aux démons de droite
links for 2009-04-17 at DeStructUred Blog on avril 17th, 2009
[...] Film: Les 16 de Basse-Pointe | Fwiyapin (tags: film Antilles) Share and Enjoy:These icons link to social bookmarking sites where readers can share and discover new web pages. [...]
Kam on avril 17th, 2009
http://blog.dalipas.fr/archives/3579
Il avait pris (ou oublié de prendre) quel produit ce jour-là?
Tu noteras que la vidéo vient d’un média belge… Ce grand moment présidentiel n’a pas fait grand bruit. Depuis l’entretien probablement alcoolisé avec Poutine, nous nous serions habitués de ses propos parfois incohérents, incompréhensibles, souvent même pas dans un français correct ?
isabelle on avril 18th, 2009
je t’avais bien dit que c’était juste pr toi lol
enjoy enjoy!!!
nelson on mai 5th, 2009
c’est isabelle ou rama yade ?
quand elles sont en difficultés elles disent il n’ y a as pas de droite et de gauche.
mais c’est trop tard droite réac pris la main dans le srting !
je suis de gauche oui et fier .
( et fieret solidaire des héros des 16 de basse pointe de tout les antillais et des 1 000 000 000 de noirs et africains du monde entier.
les lèches culs de droite et de droite extreme , qui approuvent les discours de dakar .
je leurs souffle dessus comme l’herbe elles se couchent !
isabelle on mai 5th, 2009
encore un aigri qui n’a rien compris à l’humour, c clr qu’on va avancer com ça pfff
arrêtez la parano les gars!
nattynanou on mai 5th, 2009
Hmmm… Interessant!
Je lance un appel a MBMB (Minm Bitin Minm Bagaye)pour l’organisation d’un visionnage sur Londres!!!
aux armes hein, citoyens!!!
Le sang du flamboyant | Fwiyapin on mai 18th, 2009
[...] BD, comme a pu le faire de Camille Mauduech Les 16 de Basse-Pointe, nous replonge dans les conditions effroyables de l’enfer de la canne des années [...]
Aliker | Fwiyapin on juin 8th, 2009
[...] caribéen. L’année 2009 fut fut un bon crû. Après le documentaire de Camille Mauduech Les 16 de Basse-Pointe, le succès commercial de La première Étoile de Lucien Jean-Baptiste (qui joue également dans [...]




links for 2009-04-16 at DeStructUred Blog on avril 16th, 2009
[...] Film: Les 16 de Basse-Pointe | Fwiyapin (tags: film Antilles) [...]