Congrès des élus (sans Élie)

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24 juin 2009. Basse-Terre. Palais du Conseil Général.

Le Congrès des élus départementaux et généraux si cher à Jacques Gillot se dérouleront donc sereinement. Après l’annulation de la session du 7 mai pour prétexte d’envahissement par le LKP, c’est dans une ambiance calme et détendue que s’est déroulé le Congrès.

Le jour le plus long

58 élus sur les 84 sont là, 70 % , le quorum (la moitié des sièges plus un) est atteint. Gillot et Victorin Lurel ne peuvent s’empêcher de rappeler les « évènements » du 7 mai. Si l’ordre du jour est une proposition de méthode pour un projet guadeloupéen, le président du Congrès appelle à la « refondation de notre société » et à « éradiquer les pesanteurs coloniales et néocoloniales ». Au niveau du calendrier ou d’une quelconque avancée institutionnelle ou statutaire, précision est faite qu’il n’y a aucune compétition avec la Guyane ou la Martinique. Sur l’île sœur, le Congrès a déjà acté la volonté des élus des deux assemblées à fusionner. En Guadeloupe, on ne veut pas que cette iniative soit imposée par le gouvernement mais vienne des Guadeloupéens. 

Alors que le discours de Gillot est plus arrondi et consensuel, l’autre président guadeloupéen met en garde contre le manichéisme et le «  profiteur qui sommeille an ba fèy en chacun d’entre nous ». Contrairement à son alter ego du C.G, Lurel évoque à long terme la possibilité  d’une autonomie et même l’indépendance. En rappelant néanmoins que des statuts plus autonomes ne donnaient pas pour autant moins de pwofitasyon dans les territoires où ils étaient appliqués. Un message que devraient peut-être méditer Felix Flemin (PCG) et Éric Desfontaines (UPLG), obnubilés par le droit à l’autodétermination et la Nation guadeloupéenne à ériger. Pourquoi pas, mais il serait essentiel d’en discuter … la stratégie et la méthode avant de reconquérir électorat et masses populaires qui n’y croient plus. Jean-Claude Malo, s’inspirant de «  la loi de la nature » se rapproche des deux élus patriotiques en laissant entendre que la Guadeloupe doit se détacher progressivement de la France.

Lucette Michaud-Chevry, dans une intervention grotesque et clownesque a fait la promotion de sa fille Marie-Luce Penchard. Pas un mot sur le projet guadeloupéen. Transmis à ceux qui prétendaient avoir pour Objectif Guadeloupe …

Le député-maire des Abymes Éric Jalton demande de recourir au référendum d’initiative locale pour proposer le projet au peuple. Sa collègue parlementaire Jeanny Marc prend le micro pour légitimer sa participation aux États-Généraux de Sarkozy. Elle attend toujours un remaniement de circonscription en sa faveur ?

Le sénateur Daniel Marcin soulève les problèmes qui pourraient survenir pour cause d’échéances électorales. D’autres élus craignent une superposition des procédures (États-Généraux), d’autres demandent au contraire d’y associer au projet certaines conclusions des EG.

La société civile, bien représentée à l’exception notable du LKP, sera écoutée longuement.  Domota, Plaisir, Nomertin brillent par leurs absences, et ce refus de tribune est peu cohérent au vu de l’antécédent du 7 mai. Jacky Dahomay se compare à une luciole. Avec sa petite lumière, il rend hommage au LKP malgré les divergences existantes entre le Liyannaj et lui. Selon le philosophe les élus de Guadeloupe n’auraient pas du accepter de participer aux États-Généraux parachutés depuis Paris. Dahomay appelle en conclusion à la refondation du Politique afin de développer les luttes sociales et politiques de façon nouvelle.

Willy Angèle, comme souvent se lance dans un discours d’une bêtise à la profondeur insondable : l’intéressé n’aurait ni dogme ni idéologie. Son prédécesseur au MEDEF Christian Viviès, aura au moins le courage de donner ses idées dogmatiques dans l’après-midi.

Le fatal-flatteur de Sept-Mag, Pierre-Édouard Picord, lit son éditorial à venir consacré au Congrès. Au nom de la déontologie, le voilà qui au nom de la déontologie invite à ne pas confondre information et propagande ! Au nom de la déontologie demandons lui gentiment de relire son numéro à la gloire d’Ary Chalus… Bien sûr les affreux du Fwiyapin ne font pas partie du club des journaleux à carte de presse, faux (con)frères que nous sommes ! L’intervention de Danik Zandwonis (CC1, Nouvelles Étincelles, Radio Gayak) an kréyol siouplé donne sa vision du journalisme caribéen et revient sur le RARA, réseau de radios.

dao

Dahomay Klendenden la vin poté limyè

Méthode

Il est acté la création de trois types de comité :

1/ Le comité guadeloupéen de projet

2/ Les comités de territoire du projet

3/ Les comités communaux du projet

Les membres de ces comités seront des élus, syndicats (de travailleurs et patronaux), membres d’association, etc.

Afin d’assister à l’éclosion du projet guadeloupéen, seront mis en place dans chaque ville, les comités communaux du projet. Les synthèses seront remontées dans des comités de territoire (au nombre de huit) regroupant les communes selon les bassins de vie et la cohérence géographique. Le comité guadeloupéen du projet qui choisit les thématiques et réalise la synthèse globale qui doit être validée par les comités de territoire. Le Congrès prendra alors des résolutions pour transmission au gouvernement.

Ce 24 juin fût donc une journée où élus et société discutèrent sereinement de la consultation guadeloupéenne. L’échéance du projet guadeloupéen présenté au Congrès peut paraître lointaine, mais la cause est bonne. Restons circonspects et veillatifs sans toutefois discréditer cette louable initiative. Comme l’exhortait la porte-parole d’Alliance Guadeloupe, Gladys Démocrite souhaitons une Révolution culturelle des pratiques politiques.

Un commentaire

Ninjah  on juin 25th, 2009

putain! mais t’es encore là Kam!!

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