Élections européennes: kounyamanman Vote (2/2)

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Domiens: Ultra-marinés dans l’huile de la couillonade

La France se fout toujours de la gueule de ses citoyens et en particulier de ses ultramarins. Rien de nouveau vous direz. Mais vous êtes-vous intéressés à la manière dont les Domiens, Tahitiens, Calédoniens, Mahorais, et autres allaient désigner leur représentants à l’assemblée des députés européens ? Dans un article relativement technique, le site AntillesPolitique nous explique l’organisation de la huitième circonscription pour ces élections.  En 2009, La France doit envoyer 72 députés au parlement européen qui siègent sur trois sites: Strasbourg, Bruxelles et Luxembourg. Pour 7 circonscriptions,  toutes hexagonales (Corse incluse) une forte  logique territoriale existe. Difficile de faire plus simple:

  • Massif central-Centre (Centre, Limousin, Auvergne) : 5 sièges
  • Est (Bourgogne, Franche-Comté, Alsace, Lorraine, Champagne Ardenne) : 9 sièges
  • Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes): 9 sièges
  • Sud-Ouest (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon): 10 sièges
  • Nord-Ouest (Basse-Normandie, Haute-Normandie, Picardie, Nord Pas-de-Calais): 10 sièges
  • Sud-Est (Rhône-Alpes, Provence Alpes Côtes d’Azur, Corse) : 13 sièges
  • Île-de-France: 13 sièges

Pour la huitième circonscription, celle des confettis de l’empire, la France fait fi de la cohérence précédente. Dans un même fourre-tout intercontinental pour reprendre l’expression d’AntillesPolique, on y retrouve les quatre DOM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion) et les collectivités de Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy (désormais détachées de la Guadeloupe), Mayotte, Wallis et Futuna, la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie. D’un point de vue métropolitain, aucun souci à regrouper ces (ex-)colonies, même si elles sont parfois plus éloignées entre elles que de l’hexagone.

Lors des élections de 2004, les candidats de la Réunion (un million d’habitants, grosso-modo un ultramarin sur trois) avaient raflé tous les sièges (heureux bénéficiaires: l’UMP Margie Sudre, le PS Jean-Claude Fruteau et le communiste Paul Vergès). Les modalités d’attribution ont donc été changées pour être moins inéquitables. La circonscription est elle-même découpée en trois sections: Atlantique, Océan Indien et Pacifique. Mais ce serait trop simple si chacune des sections envoyait un député au Parlement européen.  Au lieu de ça, un système inspiré des Shadoks a été mis en place. Ainsi, une liste minoritaire dans une section pourrait y remporter le siège. Et il ne s’agit pas là d’improbable évènement. Les hypothèses de l’ancien député européen Jean Crusol donnent le résultat suivant: l’UMP remporterait le siège Atlantique en faisant 9,5 % des suffrages exprimés dans cette section alors que le PS y ferait 19,5% et que la liste menée par Harry Durimel s’y retrouverait en première position  !  On vous avait prévenu: du foutage de gueule dans toute sa splendeur !

Puisque on y est, la région parisienne concentrant une bonne part des exilés des Outre-Mer, pourquoi ne pas fusionner ces deux circonscriptions pour n’en faire qu’une: les Îles-de-France ? Une solution simple aurait été la formation de listes nationales pour lesquelles tous les Français voteraient à la proportionnelle, mais la Gaule étant un pays de terroir on veut toujours voter pour le bouseux de son coin.

Pourquoi vouloir à tout prix intégrer des territoires qui ont du mal à être français, et donc a fortiori européens ? Bien que les Fonds européens se soient déversés sur nos régions  tel un tsunami sur des plages thaïlandaises, ces élections ne montrent-elles pas  le paradoxe qu’il y a à se revendiquer européen* lorsque l’on réside à Pointe-à-Pitre ou à Nouméa ? Réciproquement, la France  qui veut garder ces départements et collectivités leur manque une nouvelle fois de façon manifeste du plus élémentaire respect.

* Bien sûr le terme européen, comme français ou guadeloupéen ne renvoie pas à une couleur de peau.

4 Commentaires

MB  on juin 3rd, 2009

Il faut tout de même garder à l’idée que, même si la loi est ubuesque, si les antillais votent en masse, leur opinion sera écouté.

Après tout, les hypothèses de M. Crusol (et les élections passées) sont basées sur une participation bien plus forte dans l’océan indien que dans l’océan atlantique.

Et comme toujours en démocratie, celui qui s’exprime est écouté.

Alors, tant qu’on ne changera pas cette loi, une seule solution, aller voter…. c’est valable après aussi….

MB  on juin 3rd, 2009

« Domiens: Ultra-marinés dans l’huile de la couillonade »….

Tu cherches à te faire embaucher chez bondamanjak ?

cra cra cra cra

Kam  on juin 3rd, 2009

@ MB:

Me comparer à BMJ? Merci du comp(l)iment !

Harry pa ka ri ! | Fwiyapin  on juin 9th, 2009

[...] le cas en Guadeloupe) et de constater que l’on est pas élu. Mais le problème de ce scrutin, outre les absurdités relatées précédemment, c’est que les candidats sont prophètes dans leur pays. Durimel explose tout le monde en [...]

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