Sarkozy je te vois ! (1/2)
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Kam26 juin 2009. Le président de la république française atterrit à l’aéroport Pôle Caraïbe pour un passage éclair en Guadeloupe.
Bien avant la venue du président à la salle Laura Flessel (Petit-Bourg), le quartier est bouclé par un nombre impressionnant de manblos qui filtrent les entrées. Une liste à l’entrée renseigne des fonctionnaires qui jubilent de refouler les kokannyè. Le carton d’invitation est requis pour avoir le droit de se faire tripoter par un vigile après passage sous un portique de sécurité façon aéroport et lycée du Lamentin. Un élu dont nous tairons le nom par politesse se présente pimpant-pimpant en déclarant : « an pa ni envitasyon… ès yo ké lésé mwen rantré ? ». Président de la République Française ou pas, les débrouillards s’immiscent après avoir rencontré un élu ou joué avec brio de vives protestations indignées. Le gratin politico-médiatique est étalé sur les premiers rangs. Les parlementaires guadeloupéens sont tous là, ainsi que les maires de Pointe-à-Pitre, Baie-Mahault et bien évidemment Guy Losbar l’élu de la commune. Michaux-Chevry est venue voir sa fifille et les mesquins cherchent désespérément Madame le maire du Moule.
Losbar doit être satisfait de constater que son complexe sportif est désormais fraîchement dotée de climatiseurs et pas au frais de la commune ! Pour faire patienter le public la propagande des États-Généraux tourne en boucle sur écran géant. L’hélicoptère se pose dans l’enceinte du lycée des Droits de l’homme où sont postés des tireurs d’élite. Ironie de l’histoire, ce sous-secrétariat aux Affaires Étrangères vient de disparaître après le nouveau remaniement ministériel, liquidé par la realpolitik de Sarkozy.
Le Président, venu avec Brice Hortefeux et Marie-Luce Penchard fait son apparition talonné par Christine Kelly (auteur d’une biographie sur François Fillon), Daniel Maximin et Jacques Martial.
Sarkozy se place sur la tribune entre Victorin Lurel et Jacques Gillot. Richard Samuel, préfet préfigurateur des EGOM joue le maître de cérémonie. Seuls Lurel et les présidents d’atelier Diman, Janky et Marianne prendront la parole. Jeanny Marc, Gillot et les autres sont la pour la photo. Le président de l’atelier du développement durable égrène sa liste à la Prévert : retards dans le traitement des eaux usées et des déchets, forte dépendance énergétique au pétrole, etc. L’intervention du bâtonnier Marianne insiste sur la nécessité à former des cadres guadeloupéens dans le secteur privé et de hauts fonctionnaires. Pour lui les différences entre les articles 73 et 74 sont ténues. Enfin l’avocat qui cite Glissant rappelle la promesse de Chirac que chaque territoire doit évoluer avec un statut sur mesure. A chaque DOM de trouver sa propre voie de changement institutionnel, ce que ne manquera pas d’approuver Sarkozy. Le « président de la Guadeloupe », Victorin, comme l’appelle le président de la France qui le tutoie, insiste comme au Congrès sur le fait que les réformes institutionnelles et statutaires de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie n’ont pas balayé pwofitasyon et malaise identitaire …




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