Sarkozy je te vois (2/2)
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Les guadeloupéens, propulsés au rang d’ « amis » de l’Élysée ont entendu un discours globalement consensuel et fédérateur, à l’exception bien évidemment, et à la grande joie de Victorin Lurel, des allusions au LKP. Il faudrait donc, dans ce pays où plus de ¾ des grèves et conflits sont justifiés, apprendre à dialoguer et trouver un compromis. Un compromis ne donnant pas satisfaction au droit français ? Les grandes phrases prononcées pendant le conflit ( » monopoles, rentes de profit, formes d’exploitation qui ne devraient pas exister » ) sont oubliées. Étrange de la part d’un homme qui se dit très ferme sur les principes républicains. Mais le président n’essuie pas ses pieds exclusivement sur le collectif. Jacques Chirac n’en finit pas d’en prendre pour son grade depuis que son ennemi lui a succédé au château. Fini le temps des « discours exotiques pleins de bons sentiments ». Bienvenue dans une nouvelle ère placée sous le signe du respect (sic) et de la franchise (re-sic). Cette allusion qui n’a probablement pas échappé à Lucette Michaux-Chevry, ne lui a pas empêché de siroter ce moment tant attendu auquel elle accède à travers sa fille. Cette dernière est louée et flattée par Sarkozy. A l’écouter, ne pas mettre d’ultramarin au poste de Secrétaire d’État à l’Outre-Mer serait une non-preuve d’exemplarité, une forme de discrimination envers les Antillais que l’on emploie sans problèmes pour de nobles tâches de catégorie C et qui se voient fermer les portes d’accès aux ingrates fonctions de hauts fonctionnaires et d’encadrement. En toute logique sarkozyste, on comprend donc qu’en attendant deux ans avant de nommer Marie-Luce Penchard rue Oudinot au lieu d’Estrosi et de Jégo, le président n’a pas vraiment été exemplaire …
Enfonçant des portes ouvertes sur le problème de l’origine des aliments consommés et la production d’énergie renouvelable si faible, le chef de l’État parle d’un développement économique endogène dont on a du mal à percevoir les contours, si ce n’est la généralisation des zones franches globales. La place de la Martinique et la Guadeloupe dans la Caraïbe ? Des visas et des places dans nos universités contre un accès facilité aux marchés de nos voisins pour nos produits et entrepreneurs. En grand démagogue, celui qui a piqué l’électorat du Front National, celui qui s’est illustré par le discours de Dakar en 2007, a le toupet de faire une leçon de tolérance et d’antiracisme aux Guadeloupéens. Mais les ovations sont les plus fortes quand Sarkozy déclare que la Guadeloupe restera française et qu’il n’est pas question d’indépendance ! Il s’agit en fait d’un message à ses troupes UMP qui refuseraient frileusement tout changement statutaire. Le même discours rassurant adressé le matin même aux Martiniquais : L’application de l’article 74 n’entrainerait ni une sortie de la République française ni une perte du statut de RUP (Région ultrapériphérique). Et de rappeler que Saint-Pierre et Miquelon proche d’un statut départemental et la Polynésie (qui possède une autonomie élargie avec gouvernement et lois) sont deux collectivités répondant à l’article 74 de la constitution.
Contrairement à l’envolée poétique lors du discours inaugurant l’aéroport Aimé Césaire, c’est un Sarkozy plus prosaïque et pragmatique qui est venu dire aux Guadeloupéens qu’ils décideront de leur avenir, d’un nouveau projet de société qui passerait nécessairement par les États-Généraux. Car selon ses dires, le président n’était pas venu conclure ses États-Généraux qu’il avait mis en place. Pourtant, toujours selon lui, il a eu du mal à se retenir de ne pas donner les décisions fortes qui seront annoncées … en octobre. Le temps de faire croire aux citoyens guadeloupéens qu’ils vont participer à l’élaboration de ces mesures. C’est ainsi qu’on se comporte avec ses « amis », avec cette « franchise » et ce « respect » ?
2 Commentaires
MARCELLE on juin 30th, 2009
Chez nous on a toujours dit que » c’est avè sic yo ka pwen mouch » eh, ben c’est ce qui est arrivé le vendredi 26 juin à Petit-Bourg. Yo pwen yo tout’. Pauvre Gwada! Le monsieur est parti chez lui et les laissés dans leurs rêves. Quand ils vont se réveiller, il sera peut-être trop tard. Heureusement qu’il y a quelques personnes clairvoyantes qui continuent à veiller au grain.Mais autrement on peut dire haut et fort » la guadeloupe tranglée! »




Majead on juin 29th, 2009
« discours exotiques pleins de bons sentiments »… Quel aveux de mépris et quel camouflet pour tous ceux qui l’ont précédés ! En d’autres termes, il dit que l’état français n’a jamais pris les guadeloupéens au sérieux ! Et comble de la bêtise…le public, sous morphine idéologique, s’empresse de d’applaudir à bâtons rompus !… On a les gouvernants qu’on mérite !!!