Dans les pas du Mika

Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Kam

lmd

En une du dernier numéro du Mika Déchaîné, les déchets humains stockés par IGtherm (entreprise de Michel Christon) en plein air, directement sous les rayons de l’astre solaire à Beausoleil Baie-Mahault dans des conditions peu ragoûtantes. Comme par hasard, quelques jours après la dénonciation de ce scandale brûlant, les déchets hospitaliers à risque infectieux prennent feu … Le mensuel a fait une fois de plus la preuve de sa nécessité dans un pays, où, à de rares exceptions près, on se demande ce que foutent nos journaleux !

Guadeloupe. Juin 2009.

Dans une ambiance conviviale, l’équipe du journal boucle le dernier numéro. Tout le monde sans exception est mis à contribution pour coller les étiquettes, plier les journaux et les mettre sous enveloppes. Ça chambre et ça blague de manière bien sympathique. Le titre de la Une fait l’objet d’une prise de tête collective. Les neurones turbulent et le cyclone des cerveaux secoue les méninges afin de trouver l’accroche qui fera mouche. L’urgence du bouclage aura pour conséquence la présence dans ses colones d’ une belle série de coquillages qui blessent le lecteur comme une conque de lambi un jour de mai 67. Mais c’est promis, les rédacteurs promettent d’être plus veillatifs à l’avenir ! Voici l’interview-copinage de Gladys Démocrite, la fondatrice du Mika Déchaîné :

Fwiyapin : Comment est venue l’idée de faire un journal ?

Gladys Démocrite : C’est parti du constat du manque d’espace public en Guadeloupe. Il n’y a pas de lieu pour le débat, pour exprimer et échanger ses idées. Après les élections présidentielle et législative de 2007, nous nous sommes dits qu’il fallait arrêter de critiquer et passer à l’action. D’où Mawonnaj citoyen (association) qui a pour objet de faire vivre un débat public permanent. Le premier acte de Mawonnaj citoyen ça a été la naissance du Mika Déchaîné, un journal qui reprendrait cette idée et cultiverait l’esprit critique en ayant un autre regard sur l’actualité.

Fwi : Vous êtes combien dans l’équipe du journal ?

G.D : Aujourd’hui on est à peu près une dizaine en comptant les rédacteurs, illustrateurs et administratifs.

Fwi : Le tirage du journal ? Nombre d’abonnés ?

G.D : 2 000 dont une centaine d’abonnés. A la rentrée on sera de nouveau vendus à la Martinique.

Fwi : Depuis l’annonce médiatique de ton affiliation à Alliance Guadeloupe, y-a-t-il eu des remous dans l’équipe ?

G.D : Déjà Guadeloupe Alliance et le Mika Déchaîné c’est deux choses différentes. Guadeloupe Alliance, c’est une initiative personnelle, j’ai rejoint un groupe dont je suis porte-parole. Ce groupe est né au cours des mobilisations et a vocation à devenir un véritable club de réflexions, boîte à idées pour la Guadeloupe. Un think tank comme on dit, fait par des Guadeloupéens qui veulent s’y investir. Le Mika Déchaîné c’est un organe de presse dont j’ai participé à la création et fait avec d’autres personnes.

Fwi : Avec ce mélange des genres, ne crains-tu pas que l’on dise que le  » Mika  » soit devenu la tribune de communication de Guadeloupe Alliance ?

G.D : On a toujours fait attention à une certaine diversité des points de vue au sein du journal. Sur une même question, dans le même numéro certains membres de l’équipe ne sont pas d’accord. Le Mika n’a pas vocation à être la tribune de qui que ce soit, on n’a jamais parlé de Guadeloupe Alliance dans le Mika Déchaîné.. Mes idées politiques n’ont jamais fait l’objet d’un article. Pendant le mouvement du LKP il y a eu de vives discussions et c’est vrai qu’après cette annonce certains sont partis. Le Mika n’a pas pour autant perdu son âme.

Fwi : Dans vos dossiers vous abordez beaucoup de sujets sensibles (la S.I.G, Kanasao et Rangassamy, Christon et ses déchets à risque infectieux dans le dernier numéro), il n’y a jamais eu de menaces ou d’intimidations plus subtiles ?

G.D : Non, nous sommes un média pris au sérieux mais qui reste encore un petit média. Non il n’y a pas de tentatives d’intimidation. Par contre on sait que quand on sort une information ; ça fait son petit effet en interne (à la société immobilière de Guadeloupe par exemple). Étant un petit média, sans publicité, il n’y a pas véritablement de prise. Les seuls juges de notre travail sont nos lecteurs et abonnés. On se sent donc complètement libres de faire et de sortir ce que l’on veut.

Fwi : Que penses-tu de l’avenir de ton journal au moment où il y a pléthore de média antillais en ligne (CC1, Bondamanjak, Dom-Actu, Maxi-Mini, F-A, Fwiyapin) !?

G.D : Ces deux formes de média sont complémentaires et pas concurrentielles. Avec notre journal il y a encore ce rapport avec le papier. Sur le net c’est un autre type de presse plus interactive. Le Mika a encore de beaux jours devant lui. Il y a de la place et de l’espace pour une presse qui n’est pas dans des contingences financière ou économique.

Fwi : Que penses-tu de nos présidents à nous (Gillot et Lurel) ?

G.D : La crise que l’on vient de vivre a montré les limites de leur travail. Ils sont responsables ou plutôt coresponsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons. J’espère que toutes ces initiatives (États-généraux, Congrès) pourront permettre que chacun se rende compte, qu’à son niveau de responsabilité, il a des comptes à rendre à la population guadeloupéenne. Que ce soit M. Victorin Lurel que ce soit M. Jacques Gillot, leur complaisance, leur inconséquence parfois, ou leurs intérêts électoraux n’ont pas permis de faire en sorte que ça aille mieux. J’espère que cette crise aura permis à chacun de prendre la mesure de ses responsabilités.

Fwi : Vous nous réservez quoi pour le prochain numéro ?

G.D : On va parler du scandale des petites mutuelles qui ont été liquidées en toute illégalité. Ce qui a eu pour conséquence de spolier des guadeloupéens souvent d’origine modeste qui ont épargné pendant de nombreuses années. On continue tranquillement notre travail de démystification et d’analyse.

5 Commentaires

Steve Gadet  on juillet 11th, 2009

Chapeau bas à toute l’équipe…

An ni onlo admirasyon pou travay la!

J’attend mon prochain Mika dans ma boite aux lettres…ah ouais!

Fos,

Fwiyapin » Le Mika déchaîné # 20 dans les kiosques !  on juillet 19th, 2009

[...] ce dernier numéro, le Mika revient dans ces dossiers sur la liquidation des petites mutuelles et l’évolution du zouk [...]

géraud karine  on août 6th, 2009

Bonjour, je recherche les coordonnées de Suga en vue d’une expo sur Marie Galante merci d’avance

Fwiyapin » Mika-Fwiyapin connection (1/2)  on août 17th, 2009

[...] connexion entre le Mika Déchaîné et le Fwiyapin a commencé par deux articles publiés sur l’incontournable mensuel [...]

Fwiyapin » Mika-Fwiyapin connection (2/2)  on août 19th, 2009

[...] connexion entre le Mika Déchaîné et le Fwiyapin a commencé par deux articles publiés sur l’incontournable mensuel guadeloupéen. [...]

Laisser un commentaire

« Retour au commentaire texte