Les sarkozystes ont-ils la vagale âme ?

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A l’Élysée … comme un malaise

Dimanche 26 juillet 2009, sous un soleil de plomb entre 13h et 13h 30, le président de la République s’écroule pendant qu’il pratique son activité physique favorite.

Le problème ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage

Nicolas Sarkozy s’est effondré alors qu’il faisait son sport, censé le maintenir en bonne santé. Comme souvent, alors qu’ils ne sont mandatés par personne les chiens de garde de sa Majesté ont aboyé aux micros des journalistes. Alors que la communication élyséenne s’emmêle les pinceaux, le maire de Levallois, Patrick Balkany parle de « malaise vagal », un phénomène impressionnant mais bénin au niveau médical. Frédéric Lefebvre, polémiqueur de caniveau, pensant défendre son maître manque de faire chuter celui-ci une deuxième fois. Un « accident cardiaque » cela arriverait à tout le monde. Pas besoin d’être médecin pour savoir qu’un problème au coeur ça n’arrive précisément pas à tout le monde. Il paraît que c’est un signe de bonne démocratie que de connaître l’état de santé du président.

Durant la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy avait promis de rendre public ses bulletins de santé. Le président Sarkozy Nicolas a récemment communiquer sur sa santé. Évidemment tout était « normal » (la santé mentale n’étant manifestement pas prise en compte). La santé des Présidents n’a jamais été des plus transparentes. Georges Pompidou, dont la maladie n’avait pas été publiquement révélée,  se faisait prendre le pouls par certains visiteurs indélicats qui s’amusaient à de bien macabres pronostics sur son espérance de vie dans ses derniers jours. François Mitterand a été réélu à la magistrature suprême alors qu’il était atteint d’un cancer de la prostate ! Le pouvoir ça conserve … Ainsi on a appris que Sarkozy s’était fait opéré à la gorge bien après son opération dans un livre sur son ex-épouse. Cette fois-ci, le passage au Val-de-Grâce n’aura pas échappé aux médias. S’il est difficile de cacher ses pépins de santé comme autrefois, quelle importance y a-t-il à connaître les moindres détails, la forme ou la méforme du « premier » des Français ? Le droit à la vie privée même pour un personnage de la vie publique ne doit-il pas prévaloir ? La vacance du président est prévue par la constitution, c’est le président du sénat qui prendrait la relève le cas échéant. Plutôt que de la transparence sur sa santé, les Français voudraient surement davantage de clarté sur le budget de l’Élysée ou la drôle de manière dont Sarkozy a bénéficié de plus de 300 000 euros de ristourne sur son ancien appartement de l’île-de-Jatte
Denis Muzet, dans un entretien donné à Libération (29/07/09), explique la corrélation entre hyperprésidence et hypermédiatisation, l’une n’allant pas sans l’autre.

Depuis le 5 mai 2007, jour de son accession au pouvoir, les Français baignent dans le mythe de l’hyperprésidence et de l’hyperperformance présidentielle, c’est à dire la vie d’un homme qui vise l’efficacité maximum en tout, tel un manager de l’entreprise France, héros paré de toutes les qualités, de tous les pouvoirs. Mao Zédong a traversé le fleuve à la nage une seule fois. Nicolas Sarkozy donnait l’impression de le traverser tous les jours …

manchette 290709

Faire du jogging un dimanche à 13 heures sous un soleil de plomb, quelle idée ? On peut être pour le travail, sacro-sainte valeur sarkozyste, le jour du Seigneur sans infliger pareil supplice à son organisme. L’hyper-président (doit-on désormais dire lipoprésident, du terme lipothymie ?) aurait-il trop tiré sur la corde ? A arpenter la planète, rencontrer les « grands » de ce monde, et vouloir garder la ligne, le chef de l’état aurait-il dépassé la ligne… blanche ? Quelle raison autre que de la pipolerie mal placée y-avait-il à assister à un concert auquel participait son épouse à New-York, « the place to be », en hommage à Nelson Mandela .

Sarkozy, celui qui depuis 2007 a gagné plus non pas parce qu’il travaille plus mais tout simplement parce qu’il fixe son propre salaire, s’est cassé la figure à Versailles, symbole désuet du passé royaliste de la France, pays qui ne peut se défaire d’une tradition monarchique ridicule. Mais un roi ça se fout de sa ligne, le seul régime qui compte étant celui de la pwofitasyon. Sarkozy, contrairement à ses prédécesseurs fait très attention à son image. Trop. Le piège de la pipolisation s’est déjà refermé sur lui quand son couple battait de l’aile et que Cécilia avait pris la tangente avec un publicitaire. Jacques Chirac haïssait les caméras. Il n’affectionnait pas les débats télé et il fallait toute l’attention de sa fille Claude pour limiter sa maladresse et sa ringardise face aux médias. Sarko, lui, est tout le contraire, terriblement efficace depuis la prise d’otages d’une école à Neuilly, il est très à l’aise dans l’univers du petit écran. La charge présidentielle serait, énorme, inhumaine. Et les ingrats concitoyens ne rendraient même pas gré au président pour tout le travail accompli. On le sait, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Mais après tout le baratin du pouvoir d’achat et du plein emploi, crise ou pas, Sarkozy sait bien qu’on l’accusera de porter une part de responsabilité dans la conjoncture actuelle qui ne fera qu’empirer. Alors, stratégie payante en temps électoraux mais nulle en matière de gouvernance, le président s’agite, brasse de l’air et court de coups médiatiques en annonces fracassantes. On ne compte plus les débats d’experts, les fausses réflexions, les Grenelle stériles de la propagande et les États-Généraux des trucs et des machins. Une fois élus, les précédents présidents laissaient vivre leurs premiers ministres, prenaient un certain recul sur la vie politique. Ils ne cherchaient pas l’hyper-activité si caractéristique de l’agité du château. Si celui-ci ne s’est pas ménagé pour être élu il ne s’est pas non plus vraiment reposé après élection (quelques jours sur le yatch de Bolloré et les vacances estivales et de fin d’année). Sarkozy veut tout contrôler sans se ménager. Ceux qui l’entourent sont-ils nuls à ce point ?

Bling-bling & Diète-set

Et voilà qu’au delà de cette activité débordante, il faut caser le sport dans les minces espaces blancs de l’agenda présidentiel. Course à pied et cyclisme, deux activités qui font ressortir le goût de l’effort de Sarkozy, qui reste en admiration devant Lance Armstrong grand athlète qui s’est rendu sur la lune à bicyclette. Bon, la foulée présidentielle peu gracieuse ne serait pas très efficace prétendent les mauvaises langues sportives. Et puis les Français ont peut-être davantage l’image du dandy Dominique de Villepin comme symbole de politicien joggeur plutôt que celle d’un Sarkozy avec un T-shirt NYPD (les tricots de la police française lui donnent des boutons ? ). On en revient encore à l’image, voire à l’imaginaire. Sarkozy est fasciné par les États-Unis et le « rêve américain ». Même si c’est le pays de la malbouffe et qu’il possède le record des taux d’obésité, c’est aussi cette nation à travers Hollywood notamment qui fixe certains canons de la beauté occidentale. Le fait d’avoir épousé un ancien top model pèse également dans la balance …
Chirac et Mitterand avaient autre chose à faire que de s’occuper de leur ligne. Le président, telle une midinette est-il à ce point préoccupé par le poids qu’il fait ? Est-ce sa femme qui lui met la pression ou alors « psychote »-t-il tout seul sur ses poignées d’amour et ses kilos non désirés ? Bien sûr, on a le droit de penser à soi, même quand on est président. Mais les Français et autres terriens se foutent que Sarkozy ne soit pas aussi sexy que Barack Obama ! Il n’a pas été élu par textos envoyés par des spectateurs s’extasiant devant un concours de bestiaux, non?

Au moins les déboires sarkozystes font rire. Les dessinateurs du Canard ont été inspirés par cet incident de parcours, l’hebdomadaire satirique est parsemé d’une quinzaine de dessins sur le malaise. Lefred-Thouron dessine Carla tendant le téléphone à Sarko en lui transmettant un message de Frédéric Lefebvre: “tu devrais travailler pendant tes congés maladie”. Ou alors dans un dessin intitulé Sarko en observation, deux chercheurs regardent dans un microscope et l’un dit: « pas facile il bouge tout le temps”. Mardi 28 juillet 2009, on pouvait lire sur la Une de L’humanité cette citation : “ C’est la vie, la concurrence. Je vais même vous dire mieux, moi, j’ai la concurrence dans les veines
Faut-ii en préciser l’auteur ?

Larcher

2 Commentaires

Ga.L  on juillet 31st, 2009

Pas mal. Dans le cahier d’été de Libé, tu as des auteurs qui se mettent dans sa peau. Certains articles sont de vrais bijoux.

Noug  on août 1st, 2009

C’était à quelle heure la retransmission en dirèk ? ;-)

http://nopasaran.lejdd.fr/2009/07/28/20-et-si-sarkozy-mourait

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