Mika-Fwiyapin connection (1/2)
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La connexion entre le Mika Déchaîné et le Fwiyapin a commencé par deux articles publiés sur l’incontournable mensuel guadeloupéen. Première partie de ces liaisons dangereuses, zoom sur l’Angleterre et Londres plus particulièrement. Londres de Tchok par Enrique Akochon.
Londres de tchok
Le dimanche 5 octobre 2008, vers 21 heures, en attendant du côté de Holborn, je repasse dans ma tête les évènements de la soirée. Le Creole day vient tout juste de se finir. Ça a été un franc succès, où l’on a pu voir de nos coco-yeux la richesse des différentes cultures créoles : Haïti, Sainte-Lucie, Trinidad, La Guadeloupe, la Martinique, Réunion, etc. Comme quoi, on peut habiter dans un pays étranger, et vivre pleinement sa culture. On peut respirer sa culture, la (re)découvrir du bout du doigt. Mesdames et Messieurs, welcome to London !
En y repensant, j’ai rencontré beaucoup d’Antillais, de Guyanais et de Réunionnais qui ne sont même pas passés par la case-départ, à savoir la France, dans le choix de leur exil. L’Angleterre, directement. Londres plus précisément, et tant pis si l’anglais est toujours un peu bannan. La France, on ne veut plus la voir même pas en photographie. Qu’elle aille se faire voir ailleurs ! Ho-ho !
En France, c’est toujours la même rengaine, la même histoire. C’est toujours le même nègre qui ne trouve pas de travail, ou qui a des difficultés à se loger, et pas parce qu’il est fauché. C’est toujours le même nègre à qui la banque ne veut pas faire de prêts – et pas seulement parce que la crise financière nous donne une volée de bois vert. La France n’est pas un pays raciste. C’est juste un pays qui a du mal à accepter la différence, et à l’intégrer, sans crier au communautarisme.
En Angleterre, il doit certainement y avoir autant – sinon plus – de racistes qu’en France. Malgré cela, la couleur de peau ne va jamais empêcher le nègre de progresser, ou alors beaucoup moins qu’en France. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, dans les années 1980, des Caribéens mettaient leur quartier à feu et à sang. Ce sont les émeutes – que l’on a qualifiées de raciales – de Brixton.
A Londres, tout est possible. Tu veux devenir avocat d’affaires ? Alors donne-t-en les moyens, personne ne mettra des morceaux de bambou dans le rayon de ta bicyclette. Tu veux faire de la finance ? Tchiiiip ! Rien de plus simple ! Tu veux créer ton entreprise ? Ça prend environ 24 heures …
La UK Business & Enterprise departement and Barclays Bank et la London Development Agency, dans un rapport datant du mois d’avril 2008, montrent que 60% des entreprises créées chaque année au Royaume-Uni le sont par des minorités. Sur ces 60 %, plus de la moitié correspondent à des créations venant d’Afro-caribéens. Qui dit mieux ?
Du coup on comprend pourquoi le nègre antillais ne regarde même pas la merde Patrie, et va se pendre au sein de la Reine. Les opportunités sont nombreuses, les recruteurs regardent surtout l’expérience, prennent en compte la motivation du candidat et son potentiel. On entend très rarement le « niveau académique c’est bien mais il faut de l’expérience! » lorsque l’on vient tout juste de finir l’université, ou le non moins fameux « 25 ans d’expérience, c’est pas mal, mais où sont les diplômes ? ».
D’accord, l’envers du tableau n’est pas non plus très plaisant. La vie est chère (en moyenne £400- environ 500€ – pour une chambre en colocation), et il est facile de se retrouver à dormir sous les ponts, si l’on est un peu trop fêtard. Le système de santé, bien que gratuit, reste archaïque et engorgé. On peut te foutre à pied du jour au lendemain, comme dans les movies américains : tu débarrasses ton bureau, tu fais ton carton, et tu pars. Vim ! Pas d’assurance chômage assez élevée pour te permettre d’acheter une Mercedes. Quelle arnaque. Soit tu te trouves un autre boulot, soit tu fends la canne sous d’autres cieux … Et cette pluie …
Ça n’empêche en rien le nègre de venir tenter sa chance, ne serait-ce que pour un ou deux ans, histoire d’apprendre la langue, d’expérimenter autre chose. Et la grande majorité de ceux que je croise n’envisagent que très rarement un retour ou un passage en France : ils nous donnent trop de gaz avec leur Hyper-président, avec leur premier sinistre dont le charisme ferait passer un bernard-l’hermite pour Martin-Luther King, avec sa crise économique qui dure depuis 1945 pour les nègres, avec ses banquiers qui semblent avoir un bâton dans le fondement, avec tout ce qui fait que chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à venir à Londres …
Si jamais ils partent, c’est direction la Guadeloupe. Le rêve d’avoir sa petite maison dans un coin tranquille et frais, d’avoir sa famille, de pouvoir élever ses enfants de la même manière que l’on a été élevé : en se sentant libre de gambader, de monter à Pointe-à-Pitre et de redescendre à Basse-Terre dans la journée. De fouler tous les jours cette terre qui nous ressemble tellement : terre de feu, de contrastes. Terre de z’indiens, de blancs, de rouges, marrons. Terre de Nègres.
Enrique Akochon




Pao Daxon on août 18th, 2009
C’est trè bien. Il faut organiser un autre évènement de ce genre. Le créole est notre langue. Elle est parlée par plusieurs millions de gens. Grand merci au habitants de Londres.