Un énarque guadeloupéen aux entretiens de l’excellence
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Et non ça ne sera pas Richard Samuel, le préfet guadeloupéen coordinateur des États Généraux de l’Outre-Mer, qui sera présent à Bordeaux pour inciter les jeunes issus de la diversité, minorités visibles et risibles, à trouver en eux toutes les ressources pour demain côtoyer cette élite qui se reproduit entre elle. Kenny Jean-Marie, nommé « dircab » de la préfète de Dordogne après un passage par l’école nationale de l’administration, viendra conseiller, orienter et aider ces étudiants afin qu’ils accomplissent leur « parcours d’excellence« .
Ce genre de rencontre, on l’imagine bien, n’a pas vocation à révolutionner ou remettre en cause la notion d’élite. On n’a pas invité d’indécrottables partageux à parler redistribution des richesses ou revenu maximum. Dans une société où la goinfrerie des grands patrons et des présidents de la République ne semble jamais satisfaite, on vient annoncer une nouvelle fois à la France d’en bas qu’une infinitésimale portion de celle-ci peut réellement croquer dans le gâteau prétendument républicain et égalitaire. C’est indéniable, il y aura bien une « réussite » individuelle à la clé (selon les critères imposés par notre société) pour celle ou celui qui s’en donnera les moyens. Mais l’impact collectif de cette percée est plus difficile à mesurer.
Avoir un préfet noir en Guadeloupe, comme le réclament tant, cela changerait quoi ? Permettre d’en avoir un deuxième ? La couleur du maître rendrait moins pénible la servitude ? Pragmatiquement ce genre d’initiatives permet d’éviter l’exil des cerveaux qui coûte cher à la France. Combien de jeunes dits issus de l’immigration sont partis tenter leurs chances sous d’autres cieux plus cléments. Londres et le Canada, pour ne citer que ces destinations, ont le vent en poupe chez ces diplômés non reconnus dans leur pays par racisme et/ou manque de réseaux et de filons.
Après avoir marginalisé une partie de ses citoyens, la nation s’aperçoit de la richesse de sa diversité et veut apporter du sang frais à son intelligentsia et à sa caste dirigeante. Il était temps mais on comprendra tous ceux qui se détournent de l’ Hexagone. Et puis ce sera toujours autant de moments de paix sociale que l’État s’octroiera à chaque fois qu’un natif-natal de cités et autres grands ensembles crèvera ce satané plafond de verre…
Kenny serait-il une exception ? Ouvrira-t-il la voie à d’autres Antillais, Domiens, personnes sortant du stéréotype gallo-bourgeois ? En se penchant sur le parcours de notre bougre, on s’aperçoit une nouvelle fois que l’on n’arrive pas à un tel niveau par hasard. Devenu officier dans la marine après une classe préparatoire, il s’orientera par la suite vers Sciences Po puis l’ENA. Pas de surprise, c’est le travail qui paie…
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