An tchou a Buju !
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Bomboclat ! La nouvelle nous est tombée dessus aussi violemment que des lames de ciseaux avides de détailler de la weed. Buju Banton, l’étoile jamaïquaine du reggae-dancehall a été arrêtée à Miami en possession – excusez du peu – de cinq kilogrammes de cocaïne. Devant l’énoncé de cette stupéfiante nouvelle, l’hypothèse d’une consommation personnelle n’est guère crédible. Écouler de la drogue dure, un moyen pour faire chuter Babylone ? Immense déception chez ses fans. Le train pour Zion de Buju est sur de bien mauvais rails. Les plus allumés d’entre eux crieront au complot des Illuminatis*, Franc-maçons et autres Vampayaz. Les bloodsuckaz ne seraient donc pas ceux que l’on croit ?
Le monde du show-business en général et celui du reggae en particulier n’est pas épargné par la violence et la délinquance narcotique. Frank Sinatra avait de drôles d’amitiés. Johnny Hallyday, l’idole du président de la république n’a pas fait démonstration d’exemplarité (nous n’évoquons même pas son exil fiscal) mais, faute avouée faute à moitié pardonnée, a reconnu s’en être mis plein les narines. On se souvient avec regret de la disparition violente des deux étoiles du reggae digital Tenor Saw et Nitty Gritty. Règlement de comptes pour l’un, mort par balles après qu’il eut essayé de dessouder un autre artiste pour l’autre… Sizzla, incontestablement un chanteur talentueux, ne défrayait-il pas la chronique en se baladant sur de grosses cylindrées nipponnes avec armes automatiques? Ninjaman, ancien accro à la coco en serait plus ou moins revenu. Jah Cure lui, malgré sa voix magnifique qui n’a pas convaincu ses juges a purgé une peine pour viol (il a toujours proclamé son innocence).
Mark Myrie, même s’il n’est pas encore allé retrouver Jah, a signé des compositions qui l’ont hissé au panthéon du reggae. Buju reste un homme avec ses faiblesses. Faillible comme l’étaient les deux kings Robert Nesta Marley et Mickaël Jackson**. Si nous n’enterrons pas la carrière musicale du foubap jamaïquain (oui Buju veut dire fruit-à-pain !), penchons nous un peu sur la discographie et les grands succès de l’artiste. On s’aperçoit en étant véyatif que tout était dit. Votre site préféré a retracé pour vous le fil rouge (forcément !) des chansons à clé de l’artiste qui n’est pas nez né dans la blanche… soie.
Au milieu des années 90, le yardie règne en maître dans l’univers du dancehall. Quand le Karukera Sound System, l’ancien groupe d’Admiral T, revient au pays avec un dubplate de la star (Karukera ah run di place) c’est tout le prestige de Buju Banton qui rejaillit sur les membres du collectif. Auparavant, celui qui se fait également appelé Gargamel, a inondé les ondes hertziennes de ses compositions. Les titres Make my day, Champion ou Truth have never been told l’ont propulsé à un succès international. Le rude bwoy qu’il était à ses débuts s’est converti au rastafarisme. Si la lutte contre l’homophobie lui empêchera d’interpréter son Boom bye bye aux paroles sans équivoque, nous retiendrons des choses plus positives des œuvres de Myrie. Telles ses hymnes à l’amour, ses fantastiques combinaisons avec Wayne Wonder, les duos avec son complice Beres Hammond, son engagement contre le SIDA (sa chanson Willy don’t be silly par exemple), ses morceaux contre le tribalisme et les génocides, etc. Il aura chanté avec les plus grands: Garnet Silk, Tony Rebel, Terry Ganzie, Sanchez, les fils Marley, Wyclef, Ti-Vice, Beenie Man, Mister Vegas, Morgan Heritage, Luciano, Anthony B, Wu-Tang Park***. Et la liste n’est pas exhaustive. Le titre Hills and Valleys a fait Buju Banton passer à la postérité pour sa mélodieuse interprétation. Mais que nous dit l’artiste dans son tube ?
If it was up to them my friend you will never see the sun and the snow
Pas besoin de travailler à la NOAA (équivalent yankee de Météo-France), pour savoir qu’à Miami, en Floride, il neige autant que sur la Montagne Pelée. A moins que la neige (snow) en question ne soit de la poudreuse venue de Colombie…
On se moque, on rigole mais que vont devenir enfants et femme(s) de l’artiste, sans père, sans compagnon? Heureusement dans un éloge à la fanm potomitan, il a rendu hommage aux familles mono-parentales dans les sociétés post-esclavagistes:
As a single parent, life ain’t easy, play the role of mum and dad
Allez on espère quand même qu’entre les quatre murs de sa geôle, Buju trouvera les ressources pour tenir. Dans Close one yesterday, ne chante-t-il pas:
Jah put an angel over me
Mais pas de poussières d’ange hein Buju !!? Sa confrontation devant un tribunal, Gargamel l’a déjà chantée sur le titre law and order:
Monday morning I got to face the judge
They don’t know me but I know they have some love
Knowing it’s my first offense
I’m sure they got no evidence
Pas de preuves? Et les cinq kilos c’étaient de la farine de manioc ? On verra bien à la fin des tribulations judiciaires. Les dollars sauveront peut-être l’ex-pourfendeur de la pwofitasyon. D’ailleurs n’y aurait-il pas du Bourdieu en Buju ? Sur Circomstances, il dénonce accapella les déterminismes sociaux et de classe:
Was I born a violent man ?
Non Buju n’est pas né criminel et le Fwiyapin n’est pas un tribunal qui l’enverra au peloton d’exécution. Pas de manichéisme ou d’angélisme dans nos lignes colonnes. On espérait que son évasion du ghetto par la musique préserverait la star de mauvais choix. Le modèle peut décevoir mais les fans doivent raison garder. L’humain n’est pas parfait, l’essence de l’artiste est dans ses textes et ses mélodies, non dans sa chair. Voilà donc notre couplet pour ceux qui voudraient entonner le refrain du « Fwiyapin ne respecte personne, ou si peu ». Nous ne fumerons aucun calumet de la paix ou ne roulerons de hash de guerre avec lui, mais pour finir rendons hommage à l’intégrité de BB qui s’effrite aussi facilement que du shit de qualité. Les Rastas dénoncent avec raison les fléaux que sont l’alcool et les autres drogues dites dures. Ils font l’apologie de la nourriture spirituelle, la ganja. Buju a également signé quelques productions enfumées dédiées aux vertus de la zèb. Petits retours en arrière cruels:
Avec l’explicite Legalize it, il chante les louanges de l’herbe en dénonçant les méfaits de la cocaïne et de l’héroïne. Sur Sensimilia persecution il se plaint carrément de l’embargo sur la weed alors que ceux qui le pratiquent font rentrer la cocaïne ! Maintenant qu’il a inondé lui-même le marché, Buju va-t-il faire une reprise de Dillinger (Cocaine in my brain) ou un remix de son ancien succès qui s’intitulerait « Cocaine persecution » ?
Allez Buju, on tire une taffe en pensant à toi, toujours avec tes mots:
You never know what you got ’till you loose what you got
(Life is a journey)
* Référence à l’altercation qu’a eu le photographe du magazine l’Affiche avec Buju à cause d’un autocollant sur son appareil photo… A lire dans RAP Stories d’Olivier Cachin.
** Lecture chaudement recommandée de l’article « One love, alors… don’t stop ’till we get enough! » paru dans le mensuel Le MotPhrasé de nov-dec 2009
*** Wu-Tang Park parmi les plus grands ? Pourquoi pas !
19 Commentaires
Benoit on décembre 26th, 2009
Je suis surpris que vous ne preniez pas garde de respecter la présomption d’innocence… pour rappel il n’a pas été jugé et aucun des faits qui lui sont reproché n’ont encore été prouvés, cette précision semble essentiele, bien qu’elle manque cruelement à votre article.
Benoit pour Reggaefrance
Kam on décembre 26th, 2009
Dans le fond vous n’avez pas tort. Il faudrait du conditionnel dans certaines phrases.
Si à la place de cinq kilos de coke, il y avait eu un quintal de weed il n’y aurait pas eu cet article. C’est vrai peut-être qu’un auto-stoppeur a oublié son sac dans la voiture du chanteur ou que c’est un complot des flics…
Mais, Jah nous en préserve, nous ne sommes pas journaleux, à la limite « journalistes mawon ». Pour en finir avec la présomption d’innocence, nous ne souhaitons pas voir Buju sur un croc de boucher. Seeeen ? L’article peut être vu comme un hommage, encore faut-il savoir lire entre les lignes…
Merci quand même pour votre indispensable commentaire, bien qu’il manque cruellement d’une orthographe et d’une conjugaison décentes.
Kam pour Me, myself and I&I
jengwada on décembre 28th, 2009
lol d’accord
John on décembre 28th, 2009
Il fallait oser, Kam l’a fait. Histoire, analyse et satire en s’appuyant sur l’incarcération de Buju Banton: bel exercice rédactionnel avec une belle plume en prime. Fôss !
Noug on décembre 28th, 2009
Ki otostopè, Manzè B. do Hancock ?
samuel_otdk on janvier 4th, 2010
Ben si ça se trouve c’était pour sa consommation personnelle en vue d’une longue tournée…
il revenait pas de Guadeloupe en plus ?
fdgfc on janvier 15th, 2010
ses françois le francais qui a ecrit cette a article ou quoi lol
ko on janvier 15th, 2010
ouai ses vrai il y a presomption d’inocence je veut bien que se site soit le site: Celles des grandes gueules, des belles plumes, des beaux parleurs, des casses couilles etc… mais faut preciser aussi des menteur car on ne sais rien de cette affaire alor avant les critique faut attendre d’avoir plus d’information
fifidoli45 on janvier 15th, 2010
Bon en ka’w fè réactionné en mwen. Yin ki lè fèt kè Buju incité moun a fimé zeb, yin ki pou sa en té ké ja maré’i pa locks aï è tréné’i è fèmé’i a dan en cacho.
Drog douss o la ou ja vouè sa!
En prison i ké découvè ka ki lanmou nomm èvè nomm, sa ké ouvè lespri a li é ouvè osi dot pati a kô aï!
Kam on janvier 16th, 2010
Ou pa bwè ronm fifidoli ? A pa an drog dous…
fifidoli45 on janvier 16th, 2010
Non en pa ka bwè ronm(je sais je suis parfait, lol) è oui missié kam l’alcool osi cé en drog.
Après tout dépend de la fréquence à laquelle tu les consommes!
Ou pa ka vouè en ki léta i ka mété lé tafiata!
samuel_otdk on janvier 21st, 2010
Rhum … Café … Cigarette … Coca Cola .. Sexe …
Bref, la haine est plus dangereuse pour la santé que le canabis tu ne crois pas fifidoli?
Ce que tu dis pour moi est rempli de haine et de plus pour moi cigarette = canabisse … même chose … même principe … pourtant je suis sûr que tu ne vas pas t’amuser à trainer tous les fumeurs par les cheveux, en prison faire des révisions de leur anatomie?
Et johnny ???
fifidoli45 on janvier 23rd, 2010
Samuel j’ai jamais entendu que quelqu’un sous l’emprise de la cigarette(tabac), du coca-cola, du café ou parce qu’il avait trop « koké » ait provoqué un accident de voiture.
Bon on va dire que si t’as trop koké(j’espère que Kam va pas me censurer parce que j’ai employé le mot « koké »)la fatigue aidant tu peux avoir un accident!
Par contre, ça ce compte par millier le nombre d’accidents provoqués par des gens qui étaient sous l’emprise du cannabis ou de l’alcool!
Honnêtement Samuel j’en ai rien à faire de Johnny, ou de Yannick, Noah, ou de Joey Starr. Ces gens là peuvent se défoncer à ce qu’ils veulent, ils ont du fric, ils n’ont pas besoin de leurs neurones ou du fonctionnement intégrale de leurs capacité intellectuelles pour réussir leurs études ou pour rechercher et trouver du travail, ce qui n’est pas le cas de certain jeunes « antillais » qui fument ou qui boivent, pas pour déconnecter de temps en temps de la vie quotidienne, mais parce qu’ils se sont accoutumées au cannabis ou/et à l’alcool et donc sont devenus des drogués. Et le pire dans certains cas: après le cannabis vient le crack. Et crois-moi j’ai des connaissances qui ont suivi ce chemin.
Donc oui j’en ai rien à faire que Buju Benton(Ses auditeurs sont en général des jeunes gens désocialisés et je pense pas que ce n’est pas une bonne chose de leur faire l’apologie de la drogue) soit en prison.
Et oui des fois quand t’es en prison des gens du même sexe désirent visiter une certaine partie intime de ton anatomie. Qu’est-ce tu veux c’est la vie. C’est peut-être ça le comble pour un homophobe: se faire violer en prison.
C’est un peu laborieux mais j’espère que j’ai été clair. Je vais aller dormir.
boss la on février 9th, 2010
fifidoli alé koké maman’w
fifidoli45 on février 9th, 2010
Boss la sa sé bien parol a en drogué sa! Dé fwa tinn dé drogué ki ka fè malélivé èvè manman yo, pétèt kè sé ka a vou boss la! Bisous ma belle.
boss la on février 9th, 2010
bon on va mettre les juron de coté et parlé plu sérieusemen, de 1 mwen pa drogué de 2 ou la ka disrespect artist mwen, é sa ka mété mwen an rogne, pass misié ouvè ziè mwen asi anlo bagay lavia. Pr lhistoir de cocaine,je ne légitime pa 7 acte sil la vraimen fait, mai ne compren pa prkoi il prendrai 20 ans alor que dotre ki on fai pire son relacher kelke moi apres. De plus on c pa ce ki c vraimen pasé sur 7 affaire, sil a été piégé ou pas, et dite vou bien ke sil est condamné a 20 ans c parce kil sagit dun noir qui dénonce les opresseur car sil sagisai dun blanc tou ce paserai otremen. Sur ce fifidoli je pense que ta la haine enver les rasta parce ke certain fume du canabis et en fai plus une affaire personelle mai stp come disai lotre « SI PAROLE AW PA POSITIF, Pé !!! »
Kam on février 10th, 2010
Effectivement mettons les jurons de côté.
Chers lecteurs, c’est votre droit le plus strict d’être en désaccord avec les auteurs des articles ou d’autres commentateurs. Mè ki ou bos ki ou pa bos pa jiré manman moun kon sa.
Au prochain « dis » nominatif avec une maman dedans, vous serez éliminé du fwiyapin. Et n’oubliez pas que personne n’est anonyme sur la toile …
Chacun a son orgueil Inutile de tortiller du fondement pour expliquer son comportement ou s’excuser.
Bonne navigation à tous, Boss la & Fifidoli compris.
thierry on février 11th, 2010
Buju Banton est un artiste qui a commencé jeune sa carrière, mais il l’a mené comme « produit » Universal, pas en « selecta ». C’est du commercial supervisé par des chefs de produits qui bien qu’instruits sur une certaine idée du Reggae et de ses dérivés ou ersatz ont surtout pour ambition de faire vendre, utilisant l’homophobie ou le refoulement prê ou post pubère entre autres. Dans ce monde difficile, Banton doit lui aussi faire son business. Les Rastafarians sont des gens de haut esprit et ne sont pas caractérisés par de ce qui se dégage de l’image que l’on donne à Banton. Quand ils ont de l’argent, c’est plutôt de la bonne Ganja-soleil que de la cocaïne (coco, cc..) ou dérivés. Il y a le Banton d’avant sa conversion au Rastafarisme et celui d’après, plus spirituel dans la volonté de coller à l’esprit religieux de ses racines. Spirituellement, il est peut-être en reconstruction.





isabelle on décembre 26th, 2009
« Pas de manichéisme ou d’angélisme dans nos (lignes) colonnes. »
Kam, Kam, Kam… pas à nous stp lol. La fin de l’année approche à grands pas, n’attire pas plus de malédisyon sur ta tête en blasphémant de la sorte