BENAJA: plus qu’un groupe de Rap
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Majead
Avec Benaja, on est dans le concept, le discours conscient, la joie de vivre. Divers thèmes sont abordés : l’amitié, la profondeur, la santé, les aînés, la jeunesse, le peuple, Dieu, le désespoir, l’amour, le courage… Un album cousu main, tant sur le fond que sur la forme. Une pochette sublime à la hauteur du message délivré. La rime est soignée, la métaphore fignolée, des performances de hautes tenues poétiques (« j’aimerais voir mon peuple à l’aise comme un fœtus dans le placenta de sa mère »), la mélodie travaillée d’une main d’orfèvre, les voix sont épurées, et les chœurs soutiennent le tout avec brio et talent.
On sent que ce sont des artistes qui prennent soin de leur art…et l’Art le leur rend bien. Ça me rappelle l’état d’esprit d’Afrika Bambatta, à l’époque où le rap délivrait un message puissant d’unité et de solidarité. Leur prose va à l’essentiel. Avec Benaja…pas d’ego trip — réflexe qui semble être devenu l’apanage de beaucoup jeunes artistes… Benaja a des choses à dire et il le dit bien. Avec tolérance et empathie. Avec Benaja, le verbe procède d’une conscience individuelle pour le bien du collectif. Benaja, ce sont des hommes de foi…des citoyens avisés… des hommes positifs qui distillent un optimisme salvateur à chaque morceau qui fait du bien dans ce monde saturé de désespoir. C’est un message de paix et de tolérance sans autoritarisme ni dogmatisme, mais avec une exigence d’effort et de responsabilité (« ne te laisse pas effrayer par la vie/c’est vrai qu’elle te lancera des défis »)… Pour Benaja, la vie est un combat contre ses propres peurs, contre ses démons… se connaître est une force… Benaja, c’est une vision de la Vie et des Hommes. Le propos se veut ouvert. Pour les « croyants » et les « non-croyants ».
Certains pourraient leur opposer un ton moralisateur parfois, mais il est assumé, et surtout, à la lumière d’un monde où l’amoralité semble régner en maîtresse, le discours de Benaja agit comme un pied de nez à la chute des valeurs universelles. Mais quoi ! Chacun ne prêche-t-il pas pour sa paroisse ? Et chacun est libre d’y adhérer ou pas ! Soif de vivre… le titre est évocateur à plus d’un titre, et à prendre dans les deux sens du terme. La symbolique de l’eau parcourt tout l’album, depuis la pochette. C’est une invitation à une baignade, avec tout ce que cela a de bénéfique (une purification ? Une rédemption ?). Alors, pour tous celles et tous ceux qui ont soif de vivre… n’hésitez pas une seule seconde à aller vous abreuvez dans le puits de cet album ou à plonger dans la rivière de leur musique… l’eau y est limpide, fraîche et revigorante ! À écouter d’urgence !
Tarif : 15 € de main à main/17 à 18 € en magasin
Points de vente : Debs (Frébault, Aéroport, Milenis), Librairie Antillaise, Lion Shop, Libraire la CLC et la FOI à P-à-P
Paypal : via le site www.myspace.com/benajamusic



thierry on février 9th, 2010
Le Hip Hop Us et le Rap US en particulier n’a jamais été dans sa majorité le fond de textes très intellectuels. En dehors des actions « politiques » que certaines figures du Hip Hop pouvaient mener, le hip hop restait un art expressif et festif, un défoulement. Les analyses intellectuelles du mouvement rap ne concernent que ceux qui les pratiquent.
Afrika bambaataa était rejoint dans sa Zulu Nation par des groupes comme De la Soul. Cela n’a jamais été moralisateur ou porteur de la bonne parole, du « ce qu’il faut faire ».
Le hip hop se dansait aussi devant les banques à New York, par exemple, les banquiers à la sortie du boulot, s’arrêtaient, regardaient et applaudissaient (pas comme aux Halles, en France à l’époque).
De la soul : http://www.youtube.com/watch?v=ig5Xi-S0Fjo