Sarkozysme et autres délires de petit homme …
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Les échos de campagne ont quelque chose de bon : ils restituent souvent, dans l’instant, la vraie
tonalité du propos global des candidats. Du furtif en définitive structurel. Des bouts de phrases, des
mots, des woulo bravo, des battements de bouche qui visent toujours la « zone électoralogène » du
citoyen. Celle qui, à défaut de le faire jouir, va attiser en lui, les peurs, les fantasmes et les préjugés
de petit-bourgeois.
Et en Guadeloupe, la ficelle est connue : la race, l’ethnie… Avec en fil rouge, le nègre qui fait peur. Le
mécanisme est plus vicieux, plus pernicieux, moins direct en quelque sorte. Là, ce n’est pas la droite
décomplexée façon Fréderic Lefebvre ou Brice Hortefeux. Non, c’est l’homme « le plus compétent du
pays », le fils colonial de Marianne qui use de cette ignoble ficelle. Certainement, le seul socialiste
d’un pays pauvre qui se soit opposé à un mouvement social. Pour cause de désordre social. Lurel a
touché le fond.
En meeting, je ne sais où, j’entends sur les ondes qu’il a cette « idée obsédante », ce « sentiment
tenace » qu’il y a une « fraternisation », une « fraternité ». Parce que, souligne-t-il, les meetings de la
liste « Tous pour Lurel » sont fréquentés par toutes les « composantes ethniques » de la Guadeloupe.
Triste modèle importé d’Europe où on tend à stigmatiser l’autre en l’affectant insidieusement de
toutes les infamies. L’antisionisme érigé en antisémitisme, les émeutes sociales des banlieues
converties en croisades barbues et autres insurrections ethniques. Ce n’est que cela que contient le
verbe haineux de Lurel !
Que nous dit Lurel « in fine »? Que les électeurs et partisans des autres listes sont « ethniques » ou
monochromes ? Que seul lui est le garant d’une réconciliation nationale ? Il se prend pour Mandela,
le bougre ! A moins qu’il ne pense que la Guadeloupe cache une réalité sud-africaine dans la
structuration des pouvoirs économiques. Sûrement pas ! Lui qui, comme tant d’autres, exhorte-si ce
n’est tance- les Guadeloupéens à oublier l’esclavage. « Ce n’est pas la Guadeloupe que j’aime »
pouvait-on entendre s’extraire des bouches humanistes et universalistes du patronat et de quelques
élus dont Lurel. La Gwadloup sé tan nou ne peut pas procéder d’autre chose que d’une dialectique de
l’extermination comme dirait l’autre. Ces nègres crispés enfermés dans une identité oppositionnelle
de haine…N’est-ce pas ?
Le procédé est « droitier » pour ne pas dire réactionnaire. C’est la pensée mesquine bourgeoise
occidentale qui dénature le combat de l’autre en le déqualifiant d’emblée. En le criminalisant. C’est
l’argument du racisme anti-blanc que nous recycle le sortant de la Région. Parce qu’on subodore que
dans sa bouche, « toutes les composantes ethniques » ne peuvent signifier qu’une seule chose :
« Tini blan ka vin kouté’y ». Peut-être avait-Il imaginé une Guadeloupe sans ces vilains nègres
méchants qui ont osé défier le pouvoir colonial français et ses relais tropicaux ?
En écoutant le duplice Toto, on ne peut que se remémorer les mots de Césaire à Maurice Thorez sur
le non-fondé du calquage des problématiques – pour ne pas dire névroses- « métropolitaines » sur le
construit socio-historique antillais.[…] « Et alors, comment dans notre pays, où le plus souvent, la
division est artificielle, venue du dehors, branchée qu’elle est sur les divisions européennes
abusivement transplantées dans nos politiques locales, comment ne serions nous pas décidés à
sacrifier tout, je dis tout le secondaire, pour retrouver l’essentiel ; cette unité avec des frères, avec des
camarades qui est le rempart de notre force et le gage de notre confiance en l’avenir.[…] »1.
Victorin Lurel démontre par ce procédé qu’il n’est qu’un politique français aux petits pieds. Il use des
mêmes ressorts que les idéologues eurocentristes. Les mêmes culpabilisations. Les mêmes
coupables… On ne parle pas de « composantes ethniques » sur ces terres coloniales d’esclavage sans
arrières pensées bassement calculatrices. Ne nous méprenons pas ! Point d’humanisme et
universalisme dans cette posture. Juste un message suranné qui doit toucher cette arlésienne
majorité silencieuse. Dont le caractère majoritaire pourrait, après tout se vérifier. Mais dont on ne
saura jamais pourquoi elle est si silencieuse dans ce pays inégalitaire aux pratiques iniques. Ah
merde ! J’oubliais qu’en citoyen modèle de la démocratie, elle ne sort du silence que par le bulletin
de vote. Tout le monde n’envahit pas des conseils généraux…Voyons.
Lurel, le socialo-poujadiste, continue son affrontement égotique avec le LKP. C’est Domota et tous
les soutiens au mouvement social- dont l’autre Toto-Eric Jalton- qui sont en ligne de tirs du candidat
divers droite. L’autre alternative de Sarkozy pour mâter les nègres rebelles. Ce sont eux les antifrançais,
les anti-blancs. Ceux qui ne reconnaissent pas en la France, cette grande bienfaitrice
dépeinte dans les livres d’histoire de l’assimilation nationale. Non, il y a encore trop de traces, dans
ce pays de la Caraïbe, qui attestent évidemment du contraire pour que la France s’en tire à si bons
comptes. Surtout si le comptable s’appelle Victorin Lurel…
En 2003, à l’occasion du référendum sur l’évolution administrative, Lurel avait lancé sa dynamique
électorale par une trahison. Et il s’était ensuite attelé à construire une campagne référendaire
démagogique sur fond de peur de largage. Et en jouant sur le fantasme d’un homopoliticus
guadeloupéen génétiquement et potentiellement dictateur (dictatrice en l’occurrence) si on venait à
lui accorder davantage de pouvoir. Et ce sont ces hommes qui prétendent être libérés du passé.
Aujourd’hui, après avoir fait la démonstration de sa duplicité et de son insincérité pendant le
mouvement social, le voilà qui se prend de nouveau pour l’homme providentiel. Le Christ sauveur et
rédempteur revenu pour sauver ces pauvres âmes nègres égarées par la haine raciale. Mais que les
Guadeloupéens n’oublient jamais que Steve Biko, Nelson Mandela, Malcolm X, Marcus Garvey, Aimé
Césaire, Le FLN hier, Les Palestiniens aujourd’hui, Les Kanaks, Sankara et Lumumba, et plus près de
nous, le LKP ont tous été stigmatisés comme racistes ou antisémites. Tous étaient des dangereux
communautaristes assoiffés de sang de pauvres blancs innocents. L’histoire se répète ici aussi. Lurel
est malheureusement cette répétition. Représentant d’une classe politique qui a choisi de prêter
allégeance au pouvoir de l’argent et aux héritiers. Une classe politique dont Lurel incarne
parfaitement l’anachronisme avec le mouvement actuel du monde. Notamment celui du Sud. Celui
où heureusement des Correa, Moralès, Lula ou Chavez tentent dignement d’y inscrire leur peuple si
souvent méprisé et exclu par les oligarchies d’origine européenne. Mais je suis certainement un
affreux raciste…
J.G
1 Lettre à Maurice Thorez, octobre 1956.
4 Commentaires
Ride maure on mars 12th, 2010
A lire en complément:
isabelle on mars 12th, 2010
C’est amusant comme cet article arrive le lendemain d’un meeting cirage-de-pompes-de-toto qui a eu lieu pratiquement dans ma chambre, m’empêchant au passage de dormir.
Petit amuse-bouche: « Ay Toto! Woy Toto! Ay Toto ou ja la nou vlé ou rété! woyoyoy! Sé Toto ki bon pou nou, ka édé la jénès lalalalala…..etc etc »
Il fallait entendre ça, mes aïeux! C’était à base de « Je lis en ce moment le programme d’Aldo Blaise, comment peut-il dire que…Et quand je pense qu’Eric Jalton a fait ceci cela… »
Et le must du must, je vous le donne en plein front: « Votez pour Toto qui nous fera avancer ds le cadre de l’article 73…les communistes et les indépendantistes ont souhaité le 74, mais regardez donc nos voisins de la Caraïbe, sans même parler d’Haïti! » et pan! Fallait encore le lâcher, ce gros mot qui fait toujours aussi peur en 2010. Mais bon sang, ils croient franchement que c’est ce genre d’argument débile qu’il faut mettre en avant en campagne? Peut-être que oui finalement, en campagne tout est permis non? Même l’éternelle référence à un pays qui décidément obsède le « ça » du Guadeloupéen, quitte à l’utiliser ds tous les sens, ds tous les contextes et à passer de la poule guem au vérat sans aucun souci. Eh oui quand on ne sait plus quoi dire en faveur de son maître, on emploie les grands moyens. Ah hélas! voilà mon pays, voilà mon peuple…et me voilà donc.
Les Crocsniques du chien errant | Fwiyapin on mai 9th, 2010
[...] face à un public conquis par la qualité de ses dessins et son talent humoristique. Même Victorin Lurel, nullement épargné par le MotPrasé, se serait laissé mordiller gaiement les mollets par les [...]



thierry on mars 11th, 2010
« que lesGuadeloupéens n’oublient jamais que Steve Biko, Nelson Mandela, Malcolm X, Marcus Garvey, Aimé
Césaire, Le FLN hier, Les Palestiniens aujourd’hui, Les Kanaks, Sankara et Lumumba, et plus près de
nous, le LKP ont tous été stigmatisés comme racistes ou antisémites. »
On est là dans des amalgammes standards, bateaux, des lieux communs médiatiques. C’est-à-dire que :
Théodor Herzl (l’Etat Juif) et Adolphe Hitler concernent aussi la Guadeloupe.
Bush (surtout le père) ayant soutenu Mandela fortement (sanctions, embargo…) aussi.
Les USA, Israël et le Canada sont les plus attentifs aux malheurs du Darfour et peut-être les seuls à pouvoir agir activement.
Kadhafi (Pdt de l’UA) qui a contribué à implanter un Islam en Afrique noire, mais a échoué sur le Grand maghreb est un grand homme, comme l’amérique incarnée par Ronald Reagan.
Donc au niveau local, Lurel ne contient pas si mal les rênes du pouvoir.
Un « show » business a été organisé avec Domota, il a eu le mérite de lever des questions et des fonds. Les béké ayant eux-aussi contribué a fortifier la Guadeloupe, il ne peuvent pas être jetés avec l’eau du bain sans concertation sur le devenir de ce bijou d’île. Chance est que les guadeloupéens bénéficient encore d’un suffrage universel démocratique qui s’exprime par le coeur et la confiance en leurs semblables élus, en dépit du bourrage de crânes auxquels se livrent les grands médias locaux.
Lurel est l’homme fort du moment, c’est d’ailleurs pourquoi ont lui a refourgué Louis-Carabin.
C’est un grand homme de Confiance.