Camille Mauduech, wesh wesh!
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : NinjahLa Martinique aux Martiniquais
La voiture aux voituriers, la poule aux poulaillers, on pourrait en faire des tas comme ça… Mais ce qui différencie le titre du dernier film de Camille Mauduech, c’est son contenu. Pourquoi ce slogan qui viendrait troubler la plus paisible des après-midi ensoleillée que connait notre arc antillais ? Tout simplement parce que ce film en vaut le détour, non pas par son effet visuel hypnotisant bourrée d’effets spéciaux comme le dernier blockbuster à la mode, mais par son travail d’investigation, de mémoire si souvent négligée.
Je me suis prêté au jeu de la réalisatrice, en essayant de m’immiscer dans les idées que nous dévoile ce documentaire. Un film rempli de témoignages, d’émotion mais aussi de questionnement. On peut se demander si ce film n‘essaie pas de nous faire ressurgir des plus profondes archives, la pensée révolutionnaire de cette époque ; époque tourmentée par une départementalisation ratée, une vie presque inchangée, presque aussi décevante qu’avant. Bref, comme le dit si bien Paul Valentino en 1947 « Une assimilation qui remettrait au gouvernement central la responsabilité totale du destin des peuples coloniaux finirait par porter atteinte aux liens sentimentaux qui les unissent ». N’était-il pas gadèdzafè ce député ? En tout cas, ce film a pour mérite de nous aiguiller sur les chemin de l’évolution avec un grand R. Qu’en est-il exactement?
«La Martinique aux Martiniquais» nous retrace le parcours historique d’une quinzaine de jeunes antillais, étudiants pour la plupart, qui dans un élan de révolution, ont tenté de faire basculer le destin des Antilles françaises durant les années 60. Ce qui s’avérait être au tout début une formation politique en bonne et due forme, s’est révélée devenir une organisation secrète, opérant dans l’ombre tout en narguant les autorités de l’époque. Le travail de la réalisatrice était surtout focalisé sur la prise de témoignages, plus honnêtes et poignants les uns que les autres, de ces militants motivés, éveillés et prêts à en découdre avec l’administration coloniale. Nous pouvons citer parmi les intervenants, Rodolphe Désirée , Claude Makouke, Maître Florent ou Marlène Hospice, tous avec bien d’autres, acteurs essentiels dans l’OJAM (l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). Si le préfet de l’époque n’avait pas interdit l’organisation de meetings politiques légitimes, peut être n’auraient-ils pas pensé à se cacher pour exprimer leur volonté de liberté. Ce qui en a résulté, c’est une motivation bien plus aiguisée, réfléchie et ciblée. L’opération se préparait sur tous les fronts, aussi bien dans l’héxagone, par le biais de Manville, Glissant ou Béville qu’aux Antilles.
Je ne vais pas non plus vous raconter tout le film, vous n’iriez pas le voir et j’en serai peiné. Ceci est tout simplement un épisode de l’histoire des Antilles françaises, ex-colonies je vous le rappelle. Nous nous devons de le considérer, de lui accorder une partie de notre temps. Ceux qui ont lutté pour notre situation actuelle, n’ont point rechigné sur ce qu’ils avaient à perdre dans cette bataille. Ne vous attendez pas à un éloge de caricatures, de montage hollywoodiens, ou de scènes d’action explosives, attendez-vous simplement à une réalité : le courage d’un certain nombre de jeunes gens, prêts à tout pour dévoiler au monde, l’importance de leur intégrité. Mon seul regret, n’avoir point obtenu de réponse à ma question posée après projection « Que pensent les intervenants de ce film de l’évolution et de la situation actuelle que connaissent les Antilles en 2011 ? » Peut être aurai-je la réponse dans un prochain film… Merci quand même Camille.
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Les 16 de Basse-Pointe
Interview de Camille Mauduech




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