Pour en finir avec notre immobilisme
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : kantQuel avenir pour les noirs dans un monde ou les acteurs principaux sont organisés, structurés ou la question de l’identité a été absorbée et ne se pose plus ?
Nous avons une société qui est en mouvement et une communauté d’hommes qui est immobile. Immobile face à l’histoire, immobile face à sa représentativité et immobile face à son avenir.
Attitude face à l’histoire
Nous sommes l’un des seuls peuples à ne pas connaître son histoire, que ce soit l’histoire religieuse, l’histoire militaire, anthropologique et par conséquent à ne pas pouvoir divulguer cette histoire. Nous connaissons le travail fait notamment par Cheik Anta Diop avec Nations nègres et cultures, ce livre est une véritable révélation, c’est un livre exceptionnel et indispensable pour tous ceux qui recherchent la vérité sur l’histoire de l’humanité. L’auteur, Cheikh Anta Diop, à la recherche de la continuité historique des peuples noirs africains découvre que la civilisation égypto-nubienne en l’occurrence l’Egypte antique est la base du patrimoine culturelle, philosophique et scientifique de tous les Africains du continent et de la Diaspora. « Les Egyptiens étaient des Nègres, comme les Ethiopiens et les autres Africains ». Ce qui apparaît pour une extraordinaire découverte n’est en fait que la révélation d’une vérité savamment dissimulée et falsifiée depuis des années par l’érudition moderne occidentale. Cheikh Anta Diop, grand homme, oeuvra toute sa vie pour restaurer cette vérité et restituer la véritable histoire à l’humanité : « Ce sont les ancêtres des Nègres qui vivent aujourd’hui principalement en Afrique Noire qui ont inventé les premiers les mathématiques, l’astronomie, le calendrier, les sciences en général ». L’histoire générale de l’humanité restera toujours aussi trouble tant que ce livre et son auteur resteront inconnus du grand public. Il est communément admis que l’Afrique n’a pas d’histoire ce qui permet son pillage et son exploitation jusqu’à aujourd’hui, Nations nègres et culture démontre par des faits scientifiques et historiques que c’est le plus grand mensonge de l’histoire de l’humanité. Mais pas assez vulgarisé ; en grande partie nous en portant la responsabilité. Quand on dit histoire religieuse, on entend par là que nous n’avons pas de référence historique ou dogmatique à laquelle accrocher notre identité noire ! D’ailleurs aucun mouvement de retour aux sources n’a réussi à prospérer.
Attitude face à la représentativité
Il y a un lien direct entre notre histoire et notre attitude face à la représentativité, puisque nous ne connaissons pas notre situation, notre position dans l’histoire nous n’avons pas de représentativité, la représentativité devant être gratifiante pour la représenter. Et l’image de l’homme noir envoyé par l’homme blanc est une image avilissante, dégradante, déshumanisée, animalisée, qui voudrait y ressembler ? C’est ce qui empêche le noir de se sauver car quand il se regarde dans un miroir il ne sait pas qui il est, et cette interrogation est une souffrance. Parce qu’il n’a pas été éduqué sur le pourquoi et le comment de son existence alors il se plait aux mimétismes d’une société luxuriante à qui tout réussit, le miroir devient alors sans tain (sans reflet) l’emprisonnant dans une réalité tronquée où le noir n’a pas d’existence et le blanc merveilleux. Et la mondialisation ne change rien à cette perception, au contraire elle l’accentue en montrant l’opulence qui règne au Nord et la misère au Sud.
Une attitude face à l’avenir.
Puisque nous sommes confidentiels dans notre histoire, effacés quant à la représentativité, quel est notre point d’appui pour nous élancer, projeter dans l’avenir, A défaut d’avoir un passé assimilé, avons-nous un projet pour le futur ?
La démarche de projet exprime une philosophie de l’action à travers une attitude face à l’avenir. Le terme « projet » renvoie d’abord aux utopies qui traversent l’Histoire, portées par des hommes hors du commun (Martin Luther KING, GHANDI, Jean MONNET, Nelson MANDELA,…), des leaders charismatiques qui proposent à leurs concitoyens de grands desseins pour les 30 ou 40 ans à venir.
Ainsi, à tous les niveaux, aussi modestes soient- ils, lorsque l’on parle de projet, à l’échelle des acteurs qu’il concerne, se trouve une utopie (source de vie) et s’exprime un grand dessein.
Le projet s’oppose au fatalisme ; en ce sens, il revêt une dimension philosophique évidente. S’inscrire dans une démarche de projet, c’est considérer que les tendances lourdes peuvent s’inverser, comme nous l’enseigne l’Histoire (le mur de Berlin, l’apartheid, la guerre civile à Beyrouth, le goulag, …) ou l’économie (la fin des trente glorieuses, l’inflation dans les pays développés,…). Cela permet d’affirmer que le pire n’est jamais sûr et, comme le dit Edgar MORIN, que « l’espoir, c’est l’improbable » .
Cette conception de l’avenir amène à substituer la prospective à la prévision. L’expérience nous apprend que les experts, aussi compétents soient-ils se trompent régulièrement. La prévision, art impossible, induit une attitude passive où l’on tente de deviner par l’analyse des tendances lourdes, des ressources et des contraintes, le seul avenir envisageable, celui dont la probabilité de réalisation frise la certitude. La démarche prospective, quant à elle, invite à partir d’une situation donnée à envisager un grand nombre de futurs possibles, pour chacun tenter de repérer les moments critiques, ceux où les bifurcations sont possibles et détecter ce qui favorise les orientations. Cette démarche induit une attitude active des acteurs invités à procéder à des choix, déterminants pour leur avenir lointain.
Toute démarche, quelle qu’elle soit, comporte des pièges susceptibles d’amoindrir sa valeur ajoutée, voire de l’annuler. Pour terminer ce bref propos, il nous semble utile d’en évoquer deux.
Quels seraient les pièges à éviter ?
Le premier piège réside dans ce que l’on peut nommer le « projet gadget ». On le trouve abrité aussi bien derrière l’utilisation sans but précis des nouvelles technologies de la communication, que d’apparentes innovations dont l’existence évite de s’interroger sur les buts éducatifs et pédagogiques poursuivis. Cela peut concerner certains échanges internationaux, certaines activités culturelles. A la question : « quel est l’objectif poursuivi ? », nul ne sait répondre, l’action servant d’opium et neutralisant toute réflexion sur les finalités.
Le second piège, encore plus redoutable, se distingue du premier par sa nature. Il s’agit du « projet mirage », du projet élaboré dans le but que rien ne change. L’activité proposée a alors pour objet principal de détourner l’attention de l’essentiel.
Chers amis, si nous voulons nous situer dans l’espace et le temps, imprimer notre vision sur la société à laquelle nous appartenons, nous devons reconsidérer le rapport que nous avons les uns par rapport aux autres. Nous devons nous connaître, nous solidariser afin que notre union soit la force motrice de notre action.
Kant




William on novembre 29th, 2011
Quel echo aura cet article?
Quel mouvement sera initié par ces lignes ?
Quelles consciences s’en trouveront nourries ?
Je propose concrètement que l’on convienne dorénavant, Boucan, Fwiyapin, Mika et tous leurs contributeurs, de moyens de se faire entendre et de sortir de cet immobilisme.
Les idées et les réflexions sont déjà là. Ils en appellent d’autres. Les articles sont beaux.
Mais encore une fois que sommes nous prêts à sacrifier pour faire changer les choses ?
Si il n’y a pas d’actions tous ce beau travail risque de demeurer artistique.
Les initiatives sont elles aussi là mais peut être un peu loin les unes des autres. Mettons en commun même le peu de chacun pour augmenté la portée de ce type de réflexion.
smiletowill@hotmail.com