Merlin le chelou était en pleine dépression. Son entreprise de prêt-à-enchanter…venait d’accuser une cuisante faillite. Merlin le chelou avait tout perdu. Sa femme, une sorcière de luxe, qui ne croyait plus à la magie de son charlatan de mari et les dollars qu’elle engendrait, n’avait pas demandé son reste et l’avait quitté sans pitié. Merlin le chelou, faisait les cent pas devant le seuil de sa porte, cherchant une solution pour rebondir et sortir de la crise qui touchait le monde merveilleux, n’épargnant personne, quand un lutin, une petite « racaille » de la forêt d’à côté, un ghetto-bosquet, passa devant sa demeure. Merlin le chelou, qui avait besoin d’envoyer un colis illico à la poste, se dit que ce lascar des bois pourrait bien lui rendre ce service. Tout de go, il lui demanda :
- Excusez-moi petite pourriture en putréfaction…est-ce que vous auriez le temps de … ?
- Wesh le chelou…dégage !… Tu m’as pris pour D.H.L ou koi ?!!… Pas qu’ça à faire !… Le temps…c’est de l’argent !…
- Ah wé !…et ma baguette magique dans ta gueule…c’est gratuit !!!
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La femme de Merlin le Chelou travaillait comme par hasard chez DHL! D’où la réaction violente de Merlin à l’évocation de ce qui lui rappelait celle qui venait de le larguer comme un malpropre. Elle y effectuait les expéditions les plus prestigieuses (Chanel, Dior, Hugo Boss, …). Son attachement au paraître et au luxe était de notoriété féerique. La sorcière, malgré ses furoncles et ses verrues sur le nez, son faciès chiffonné et sa langue bifide…avait un goût prononcé par tout ce qui avait attrait à la mode, les tendances, et les endroits huppés où tout le Gotha de la jet set chimérique se réunissait.
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Merlin cracha sur le Troll putride. « SPLASH ! »
- »Fils de p…. » s’étouffa le Lutin sali. Sans d’autres mots ; il sauta à la gorge de Merlin !!
Mais Merlin, qui malgré son âge légendaire pratiquait le street-fight une fois par semaine histoire de se maintenir, lui décrocha une batterie de coups d’une violence inouïe : coups de pieds, coups de genoux, coups de coude, coups de poing, coups de tête… « Au choix ! Tout doit disparaître !!! » Hurlait Merlin devenu incontrôlable. Sans l’intervention miraculeuse d’Alice l’opportuniste et ses courtisans de la haute société, les quatre nains carriéristes…nul doute…le lutin aurait rendu l’âme…
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Alice releva le lascar et lui dit :
- T’as pas honte !!!
-Wesh !… T’es ki toi pétasse ?!!
-Huumm…ça te dirait un coup de talon aiguille dans la jugulaire !!!
-Ma parole ! C’est quoi votre monde ?!! C’est moi qui me fait agresser et c’est vous les victimes !!!
- »Bienvenue en Sarkoland ! » reprirent en cœur les quatre nains.
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Le lutin s’en alla en jurant de revenir avec ses potes. Les médias les décrivaient comme faisant partie d’un gang, « le gang des farfadets », des morveux, précisaient les rumeurs journalistiques, des affreux ultra violents de la communauté des feux follets…
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- En fait !… Pourquoi on vous appelle Merlin le Chelou ? demanda Alice tout en lui faisant les poches…
-Cherchez pas ! Ya plus rien à gratter ! Chui à sec !
-Ah ! Autant pour moi ! Je comptais vous dépouiller en douceur…mais…
-Y a plus rien à gratter j’v’dis !!! Chui ruiné ! La concurrence est trop rude !… Comment voulez-vous que je fasse moi…avec l’arrivée de la 3G+, le câble numérique, internet, l’iphone… c’est la nouvelle magie moderne ! J’ai des siècles de retard !!! Les gens ne savent plus s’émerveiller !…anesthésiés qu’ils sont par la dictature de l’image !
-Ne vous inquiétez pas…je vais vous arranger ça… dit Alice en lui mettant la bague au doigt.
-Mais ! J’n’veux pas me marier ! Voyons ! Une jeune ado pubère comme vous, pure et immaculée comme une feuille A4 vierge !… C’est indécent !!!
-Ne vous en faites pas…c’est juste par intérêt !… En formant un couple, nous serons plus forts ! C’est bon pour le bizness…
-Vous êtes sur ?!
-Faites-moi confiance ! Je connais quelqu’un qui peut nous créer un buzz d’enfer !!!
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Elle emmena Merlin, main dans la main, voir son ami.
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-Voilà…je te présente « Buzzy »…alias Pinocchio…multi casquette, multifonction… Avocat, spécialisé dans le droit de cuissage, expert dans les relations inhumaines, consultant en communication avec l’au-delà, journaliste durant les jours fériés à la radio« Air-Thé-Elle », et accessoirement…éboueur… Ah oui…j’allais oublier…c’est aussi lui qui gère les portefeuilles de tous les gnomes du bocage. Il travaille exclusivement sur lettre de recommandation…
-Mais j’ai pas les moyens de me payer ses services moi !
-C’est kool Merlin !…t’inkiète ! Pour toi…j’te fais ça à l’œil…en souvenir du passé !…le rassura Pinocchio
-Quel passé ?
-Le passé composé voyons ! C’était l’époque des attentats à la pudeur… Mais si…rappelle-toi…Cendrillon avec son petit copain de l’époque, un certain Debouzze, tous les deux agressés sexuellement par une bande de fans en rut… Tu étais là avec ton ex…tu fêtais tes cent trente ans d’ impiété…j’étais présent aussi, je gardais le corps de la star de l’époque…Candy…tu t’en rappelles ? Une rappeuse végétarienne qui détestait la nature…et même que…
-OK OK OK !!! …Bref…! Venons-en au fait ! Comment tu peux m’aider ? … Concrètement ?!!!
-Tu as déjà entendu parler de délocalisation ?
-De délo…quoi ?
-Dé-Lo-Ca-Li-Sa-Tion !… C’est la clé mon pote !
-Éclaire mon obscurité veux-tu ? Car je comprends que dalle à ton charabia de dégénéré…
-Il faut que tu trouves de la main d’œuvre à bon marché…et pour ça…faut que t’ailles voir ailleurs si t’y est comme dirait mon ami N… L’idée est toute bête : faire un maximum de profits à moindre coûts !
-Concrètement ?! Comment tu peux m’aider bordel ?!!!
-Mais !…c’est pas possible…il est vraiment teubé ton lascar… s’irrita Pinocchio en s’adressant à Alice.
-Eho…je te prierais de baisser d’un ton s’il te plaît…primo…on a pas gardé les trolls ensemble…deusio…je pourrais être ton arrière-arrière-arrière-arrière grand pè…
-C’est bon ! Je jette l’éponge…j’ai pas qu’ça à faire…j’ai d’autres gueux à fouetter ! Le temps…c’est de l’argent putain !!!
-Et ma baguette magique dans ta gueule…c’est…
-Je sais…c’est gratuit !
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Alice demanda le divorce avec dommage et intérêts sur le champ et reprit la bague. Dépité, Merlin rebroussa chemin, s’en retourna seul dans sa hutte et reprit sa dépression, là où il l’avait laissée. Lorsqu’il rentra dans sa cabane…elle était sans dessus dessous…un vrai capharnaüm… Sur le plancher, il ramassa une lettre qui disait :
« Le vengeance d’une « pourriture en putréfaction » est un tagine qui se mange avec le doigt d’honneur ! »
C’était trop. Vaincu, Merlin le dépressif décida de commencé une thérapie. Actuellement, il est suivi par un expert douteux et scabreux, mais réputé, un pacha de la psychologie humaine, un certain Robin des bois.
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M-At avec l’exécrable participation d’Alee -
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