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Faut-il noyer les porcs en eau profonde ?

Après Atomic pork et Le cochon de Gaza, cet article ne s’éloigne guère du pak-a-kochon. Autant annoncer la couleur tout de suite, cet article est intolérant, gougnafier et violent…

En mitan des grandes vacances, un numéro de l’hebdomadaire guadeloupéen Nouvelles Semaine, titre sur Jarry et son futur port en eau profonde. Le numéro 68 (semaine du 4 au 10 août 2011) s’autoproclame même prétentieusement comme « exclusif ».
« La Guadeloupe choisie pour accueuillir (sic) le port en eau profonde » nous dit la une. Choisie par qui ? On ne le saura pas vraiment, mais la liste de ceux qui sont en extase devant ce projet est impressionnante : le président de la collectivité régionale Victorin Lurel, le maire de Baie-Mahault Ary chalus, la secrétaire d’État Marie-Luce Penchard, la présidente de la CCI Colette Koury. Numéro un de ces fans, l’éditorialiste à la plume putassière Pierre-Edouard Picord, se surpasse dans son éditorial. Ce projet de port en eau profonde, un « bond technologique » est loué par le directeur de la rédaction. Et si vous ne partagez pas son incroyable enthousiasme sur ce « progrès énorme », forcément vous faîtes partie des « esprits chagrins » qui « baveront jusqu’au bout sur le projet ». Pis, si vous n’êtes pas en accord avec ce consensus des partis politiques au pouvoir vous voilà catalogué dans la tribu des « psycho-archaïques résolument contre tout ». Vous « rejet[ez] systématiquement toute avancée ». Vous voilà habillé pour l’hivernage, mais ce n’est pas tout, car pour finir vous risqueriez fort, vous et vos coreligionnaires haineux, de vous « montrer intolérants, gougnafiers et violents ».

La Guadeloupe pourra rayonner

Alors à quoi sert et qu’est-ce qu’un port en eau profonde ?Voilà comment le projet est vendu par Laurent Martens, directeur général du PAG.

Actuellement de onze mètres, le tirant d’eau du port de Jarry devra passer à 15 voire 17 mètres. En plus avec de nouvelles écluses dans le canal de Panama, les bateaux pourront transporter encore plus de marchandise. Et donc en déverser encore plus chez nous et pour moins cher… On joue même la corde sensible de l’intégration dans l’environnement géographique. Si la Guadeloupe se dote de cet hyper-infrastructure, elle récupère un des sous-marchés de la Caraïbe (desserte entre l’Europe et le nord de l’Amérique du sud). En plus, construire ce biten destiné à ingurgiter toujours plus de saloperies venues d’ailleurs, ça fera du bien à l’emploi. Comment une des zones « européennes » les plus sinistrées au niveau du chômage, notamment des jeunes, pourrait refuser une telle opportunité ? Au niveau des risques naturels, tout sera prévu, le gadget sera résistant à tout séisme mal venant.

Mais si les produits importés sont encore moins chers, cela ne va-t-il pas nuire à notre production locale qui ne parvient pas à décoller ? Awa nous rassure Martens, la Guadeloupe aura accès à un plus grand marché et elle « pourra rayonner ». Waouh ! Rayonner comme un bâton de plutonium.

Une douloureuse pour les contribuables de 160 millions d’euros

Si, si vous avez bien lu. Vous avez comme l’impression qu’on aurait pu mettre tout ce pognon ailleurs, au hasard dans des secteurs comme le développement des énergies renouvelables, de l’éducation et de la santé, des transports collectifs, de l’agriculture ? Ben non, l’argent de la région (10% de la note) ne servira pas à ça. Et tant pis si ça n’a jamais été abordé dans le vaporeux projet guadeloupéen de société promis depuis nanni nannan par le Congrès des élus. L’Europe et l’État apportent également chacun 10%, les 70% restants seront à la charge du PAG, lui même un établissement public…  le secteur privé apporte 80 millions. Autrement les deux tiers du financement vient du public. Mais vous cher public de cette mascarade, on vous a demandé quelque chose ?

Il y a bien un passage à la CNDP (Commission nationale du débat public).  Après une petite tournée dans les communes, la Commission conclura sans surprise que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Bon que se passerait-il si on se privait de cet immense avancée technologique et sociale qu’il ne faudrait surtout pas critiquer ? L’importation coûterait plus cher. Plus cher pour se faire inonder de champagne, polluer à coups de 4×4 et abrutir grâce à de nouveaux écrans plats. Plus cher pour acheter des ignames du Costa-Rica, des oranges de Saint-Domingue et autres pwadibwa importés. On peut effectivement acquiescer que dans un premier temps ça ne ferait pas grand bien au secteur marchand dépendant des produits d’importation. Mais à plus long terme, ça ne favoriserait donc pas un titak la production locale ?

Gwada skoup

Ce jour, 28 décembre 2011, dans la période généralement pauvre en nouvelles située entre Noël et la nouvelle année, nous apprenons une kyrielle d’incroyables nouvelles qui nous laissent, pour le moins, complètement èstébékwé.

Pacs Romana au sein des collectivités guadeloupéennes

Tout le monde est au courant du conflit larvé entre les deux présidents Gillot et Lurel. Il semble que tout cela n’était pas dû à une question de rivalité politique ou de pouvoir, comme on se l’imaginait. Non, la passion commune des deux hommes pour le bien public les a réunis. Plus que de raison diront déjà certains. Car Victorin et Jacques, à défaut de se dire oui pour la vie devant un prêtre, ont fait part dans un communiqué de leur souhait de se pacser au plus vite dès qu’ils se seront séparés de leurs compagnes. Dans un pays où il est toujours de bon ton de revendiquer son machisme et où hétérosexualité est trop souvent confondu avec infidélité et violence conjugales, cet évènement est un véritable séisme.

EDF: pour une électricité plus malpropre

Après le projet avorté VigieGate, le téléphérique sur la Soufrière à l’étude, voici qu’EDF en rajoute une couche en proposant la construction d’une centrale nucléaire. Le site idéal serait à cheval entre Sainte-Rose et Lamentin, la centrale de quatrième génération serait ainsi refroidie par les eaux de la Grande rivière à goyaves. Les élus n’y ont pas vu d’opposition, tant les retombées financières sur les communes seront grandes. En Guadeloupe on a pas de pétrole mais on aura de l’uranium … Comment le prendront les habitants de Sainte-Rose déjà échaudés par la décharge sur les hauteurs de La Ramée ? Les riverains de La Boucan déjà habitués à dresser des barricades au niveau du pont se préparent déjà à de nouvelles mobilisations.

Chômage, violence et vire-ensemble : l’exemple guadeloupéen

Le premier ministre François Fillon enverra chez nous très prochainement une délégation interministérielle. En effet, en France on ne comprend pas comment tient la société guadeloupéenne avec un taux de chômage notamment chez les jeunes aussi élevé. Malgré une première place sur le podium de la criminalité, en haut lieu on se demande comment les chose n’ont pas plus gravement dégénéré. L’Hexagone ayant tendance à se tropicaliser tant par sa température moyenne que par son manque d’emplois, a les yeux braqués sur « le modèle guadeloupéen ».

Des solutions pour Marie-Galante

Alors qu’au Congrès des élus sur l’alimentation et la santé une résolution avait proposé de faire de Marie-Galante le grenier agricole de la Guadeloupe; les élus de l’intercommunalité ont l’idée se suivre le chemin de Saint-Barthélémy. Ils étudient très sérieusement l’idée de ne plus être rattachés à la Guadeloupe, et de devenir par la suite une COM (collectivité d’Outre-mer) puis un PTOM (Pays et territoire d’Outre-mer). Pour se faire, Marie-Galante devra se construire une piste d’aéroport international et des investisseurs du Qatar sont prospectés pour la construction d’hôtels de luxe. Le prix du trajet Pointe-à-Pitre Grand Bourg devrait ainsi progressivement atteindre les 400 euros d’ici cinq ans.

Vous doutez de la véracité de ces informations ? Elles ont pourtant été dument validés après recoupage sur le réseau social twitter, plus pertinent et performant que l’agence Reuters et l’AFP réunies.

 

A nouveau l’eldorado

[Article de Jean-Luc Porquet paru dans Le Canard Enchaîné (14/09/2011) portant sur la découverte de pétrole au large de la Guyane. Illustration Cabu d'après La naissance de Vénus de Botticelli.  Repris par le Fwiyapin SANS leur aimable autorisation]

C’est « historique » . Le gisement a l’air « considérable » . Il y aurait des millions, peut-être des milliards de barils. En forant à 150 km au large de la Guyane, un consortium mené par Shell et Total vient de découvrir un miraculeux gisement de pétrole. Certes, il est très profond – à 5 711 mètres, dont 2 000 mètres d’eau -, donc difficile à exploiter. Mais quelle importance ? On le videra jusqu’à la dernière goutte. Les 240 000 habitants de Guyane espèrent en obtenir des royalties, mais ce n’est pas gagné : rien dans la loi ne prévoit une ristourne pour les gens du coin. Qu’ils s’estiment heureux s’ils décrochent quelques emplois et des oléoducs. Et de la pollution.

Car, s’il y a quelque chose qui va de pair avec l’exploitation pétrolière, c’est bien le saccage de l’environnement. Le scénario est bien rodé. Déjà, les écolos de Guyane s’inquiètent. Ils rappellent que cette zone « compte parmi les 10 écosystèmes les plus productifs en termes de biomasse » et que la Guyane est « site majeur de ponte pour les tortues marines » (« Le Monde », 13/9). Déjà, les ministères promettent que toutes les garanties seront prises… Déjà, on peut douter qu’il faille les croire sur parole.

Voyez le delta du fleuve Niger, qui se trouve au Nigeria, à l’est de Lagos : en 1958, Shell y découvre du pétrole, et se rue, avec d’autres (dont Total, évidemment), sur cette zone, bientôt quadrillée d’oléoducs, de puits et de plates-formes pétrolières, et exploitée jusqu’en 1993. Petit problème, soulevé le mois dernier par un rapport du PNUE, le programme des Nations unies pour l’environnement (publié en août), après quatorze mois d’enquête : le delta est aujourd’hui pollué à mort. S’y joue, le plus grand scandale écologique d »Afrique, qui n’en manque pas. Au fil des années, les compagnies pétrolières ont joyeusement salopé la zone entière. Comment ? En oubliant de colmater les fuites, en refusant même de réparer celles qui furent signalées tout au long de l’exploitation, et, mieux, en affirmant avoir nettoyé les sites mais sans le faire. En un quart de siècle, ce sont pas moins de 6 800 déversements qui ont été signalés. Aujourd’hui, la pollution par hydrocarbures a des effets dévastateurs sur la vie des habitants, l’agriculture, la pêche, l’eau potable (dans un des cas étudiés, l’eau contient une substance cancérigène à des taux 900 fois supérieurs à la limite préconisée par l’OMS). Nettoyer cette poubelle à ciel ouvert qu’est devenu le delta prendra jusqu’à trente années…
Comment Shell et les autres compagnies ont-elles accueilli ce rapport ? En le jugeant « de grande valeur ». En reconnaissant du bout des lèvres leur responsabilité dans deux marées noires ayant eu lieu voilà trois ans. Mais en attribuant toutes les pollutions à des actes de sabotage : vols de brut prélevé directement sur les oléoducs et raffinement clandestin seraient les grands responsables. Elles-mêmes n’y sont pour rien : plus vertueux qu’une compagnie pétrolière, y a pas ! On souhaite bien du plaisir  à nos amis de la Guyane. Ils ont déjà l’or des rivières, qui leur vaut une des pires pollutions qui soient, les orpailleurs y déversant du mercure à qui mieux mieux. Avec l’or noir, ils sont servis. Il ne leur manque plus que le gaz de schiste !

Jean-Luc Porquet

(Le Canard Enchaîné - mercredi 14 septembre 2011)

A lire également sur Blada :

Pour revenir à la raison après l’emballement médiatique

Jarryen à foutre

 

Ce dimanche (24/07/11) en Guadeloupe, la télévision du sévice public rediffusait le documentaire de Daniel Nlandu Nganga : « Il faut sauver Jarry« . Pas sûr que quelqu’un reçoive cette bouteille jetée à la mangrove …

Au début du reportage, il nous est rappelé que jadis Jarry était un endroit où venaient se réfugier des Nègres marron et qu’il y a encore quelques décennies s’étendaient champs de canne, jardins créoles vivriers. Un guadeloupéen se remémore même ses baignades après une visite à la chapelle. En ce temps là, pas de zone industrielle, pas de résidences, pas de routes carrossables.  Mangles-médailles, palétuviers, ananas sauvages, siguines et autres épiphytes s’épanouissent dans un milieu où l’impact humain est encore modéré.

Hélas, en quelques années, la Guadeloupe est entrée de plain-pied dans la modernité. Une fois les marécages comblés, les parkings et les bâtiments construits, impossible de redonner ces espaces à la forêt par la suite. Ces actions sont irréversibles.

Jarry aujourd’hui est comparée à l’aide d’une métaphore spécieuse au poumon économique de la Guadeloupe. La zone industrielle éponyme fournit quelques 12 000 emplois et reçoit quotidiennement environ 80 000 personnes (l’équivalent d’un guadeloupéen sur cinq). De 800 hectares de superficie, la forêt et la mangrove de Jarry se cantonne désormais à 200 ha maigrichons. Les terrains gagnés sur la mer ou la mangrove sont à la merci d’une trop forte houle, phénomène qui n’est pas rare en pays soumis à des aléas cycloniques importants. Au risques naturels s’ajoutent les dangers technologique et chimique, non négligeables. Les entreprises ne sont pas les seules à avoir rogné sur la mangrove puisque les habitations de particuliers sont en constante augmentation.

Et une nouvelle fois apparaît la corrélation entre disparition des écosystèmes et menace sur les humains.  Des solutions techniques existent, mais avec un coût exorbitant. Une digue, lorsqu’elle cède peut générer une catastrophe pire que celle qu’elle est censée éviter. La mangrove est le meilleur rempart naturel contre la montée des eaux. Elle ne jouera pas nécessairement sur le niveau de l’eau mais ralentira la vitesse de son élévation.

L’ONF (Office national des forêts) est responsable de la délimitation de la zone de mangrove à protéger. Ses agents, avec leurs petits bras, tentent d’empêcher de nouveaux empiètements sur la forêt humide. Avec des universitaires et des experts passionnés, ils vont à la rencontre des habitants pour pallier au mieux les problématiques de l’évacuation de l’eau, du développement durable, des limites de terrain pour des maisons bâties sans permis de construire, etc.

Le film montre très bien la difficulté, voire l’impossibilité de concilier, dans les limites du paradigme actuel, développement économique avec respect et  protection de l’environnement. Un excellent documentaire qui montre à quel point zafè mélé.

Retour à Grosse Montagne

Qui se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, l’usine de Grosse-Montagne était encore en activité ? Mais peut-être est-ce un temps que les moins de vingt ans …

Annoncée à un moment comme un futur musée, c’est finalement à BeauPort que s’est érigé le Pays de la canne. Grosse Montagne ne fume plus, mais à voir son état de délabrement, ses ruines sont potentiellement l’endroit rêvé pour des fumeurs désirant se défoncer en toute quiétude. Des plots oranges fixés à une cuve, et voici une œuvre d’art. Les écrits d’ un « extra-lucide » s’étendent progressivement le long des murs et aux alentours de l’usine. Rien de bien fertile dans cette prose contenant d’amusantes coquilles. Les voitures passent, indifférentes à ce qui fut jadis le fer de lance de l’industrie agricole lamentinoise.

Reportage photos :


Fwiyapic # 17

Le dernier article du site guadeloupéen Perspektives s’intéresse à notre rapport au sucre. Il semble, il paraît , on prétend que nous ne lésinons pas sur les glucides. Un poncif de plus puisqu’aucune étude sérieuse ne peut le prouver. Par contre, des analyses ont montré qu’un même produit est plus sucré aux Antilles qu’en Hexagone … Nous y reviendrons prochainement.

En guise de nouvelle fwiyapic, nous reproduisons ici un dessin de Colcanopa, illustrateur du quotidien Le Monde et du mensuel La Décroissance.

 

Kfé Kréyol by Colcanopa

 

Le régime caribéen

Ka moun antan lontan té ka manjé pou yo té solid kon sa ? Matété a krab ka chanté Jomimi. Pou Doktè Anri Josèf davwa sé moun la té ka manjé pòyò é lanmori lasimèn, sanmdi té jou a soup é diri sété an sèl fwa an simèn-la lè dimanch, davwa tou sa, yo té ka viv lontan é pa té konnet maladi kon diyabèt èk sa yo ka kriyé jodila obézité, ki sé malad a gwo moun.

Toulouse. 28 mars 2011

Invité à l’initiative de l’association AGART31, le pharmacien et docteur en pharmacognosie, Henri Joseph présente à l’auditoire un exposé sur le régime caribéen avec le panache et l’enthousiasme qui font sa réputation. Le co-fondateur de Phytobokaz donne parfois l’impression de délivrer des analyses un brin simplistes lorsqu’il déborde de ses champs de compétences professionnelles, il n’empêche, son exposé est enjoué et vivifiant. Voir la passion qui fait avancer ses projets, entendre ses anecdotes malicieuses et se délecter de plaisantes métaphores laissent un souvenir impérissable des conférences d’Henri Joseph.

Ne sortez pas sans vos gilets par balles

La Guadeloupe est un département français avec trois fois plus de diabétiques que la moyenne nationale. 25 % de ses habitants souffrent d’hypertension et un de ses enfants sur quatre est en surcharge pondérale. En Guadeloupe nous avons 80 % de notre alimentation qui est importée, et nous méprisons les richesses végétales qui sont les nôtres.

Henri Joseph nous emmène à la recherche du secret de centenaires qu’il a interviewés. Nous voilà donc partis dans le jardin d’un monsieur âgé de plus d’un siècle qui n’a jamais mis les pieds dans un supermarché… Et qu’il y -a-t-il donc dans ce jardin créole ? Malanga, patate douce, pòyò, tépéï, etc. A cela, ajoutez votre ration d’oméga 3, acides gras saturés contenus dans le poisson (frais) qui donneront de l’élasticité à vos vaisseaux sanguins.

Protégez-vous des balles de revolver que sont les radicaux libres avec des gilets par balles anti-oxydants. Une grande gamme s’offre à vous, sans être exhaustif citons les caroténoïdes (papayes, giraumon) avec leur vitamine A, la cerise acérola et sa vitamine C, avocat et coco pleins de vitamine E, les polyphénols contenus dans les rézen bodlanmè et zikak. Si vous craignez pour votre prostate, la grenade est un fruit préventif. Les protéines de nos pwa dibwa, pwa boukousou et pwa rouj sont équivalentes à celles que peuvent nous apporter la viande.

Indice glycémique

Autre exemple de l’avantage à consommer nos féculents plutôt que ceux importés ? L’indice glycémique y est plus faible. L’IG varie de zéro à 100 et indique la capacité des aliments à libérer plus ou moins vite dans l’organisme leur énergie. Plus l’IG est proche de zéro et plus vous êtes en présence de sucres lents.

Eh bien ! Devinez quoi !? Pwadibwa, pòyò, ignames, patates douces, et malanga ont un IG respectivement égal à 30, 40, 45, 50 et 55 là où riz et blé possèdent un IG de 80 et même 88 pour le riz !

« Je vis en 2050″

Nos fruits dépérissent au bord des routes ou chez les particuliers tandis que les terres arables diminuent sans cesse. Gageons que les quelques 35 000 hectares de surfaces agricoles utiles (SAU) ne soient pas victimes de la cupidité des hommes et puissent être épargnés de la spéculation immobilière.

Selon Joseph, outre les richesses de biodiversité et de poumons verts, la Guadeloupe a la chance d’avoir un parc national en raison des zones de transition qui devraient être créées à proximité. L’objectif étant de regrouper les lieux d’habitation sur le littoral de la Basse-Terre et les cultures aux abords du parc.

Des projets, le zyanntifik* de Phytobokaz en a plein. Tous ne verront peut-être pas le jour, comme ce grand marché à la Rungis dont il rêve pour la Guadeloupe. Mais, il n’y a qu’à voir ses champs de Galbas (pour faire de l’huile) et de calebasses (pour donner des kwi entre autres) qui prospèrent avec le partenariat des gembo et des abeilles pour se laisser convaincre par sa créativité et son génie.

Manquant parfois involontairement de modestie (« je vis en 2050″), ses analyses lucides sur la raréfaction des ressources pétrolières avec pour conséquence à moyen terme la fin des importations alimentaires massives en Guadeloupe donnent néanmoins une pertinente acuité à ses propos. Saurons-nous entendre et comprendre ?

* néologisme créole emprunté à l’artiste Tysmé

Le bug de Lurel

Voilà une idée qui fait l’unanimité : réduire la « fracture numérique » et renforcer l’e-potentiel de la Guadeloupe. Ainsi, Victorin Lurel, s’inspirant de programmes proposés par des collectivités françaises a lancé en grande pompe une opération visant à octroyer un ordinateur portable à chaque élève de seconde. Initiative louable en soi, mais à y regarder de plus près, on constate que le logiciel régional Lurdows comporte de nombreuses failles de sécurité :

- Ces portables sont distribués sans aucun critère social : l’enfant du cadre supérieur comme celui du Rmiste ont tous les deux eu droit au même portable (des élèves déjà outillés ont vite revendu leur PC, tombés du camion conseil…régional au marché noir quand d’autres plus honnêtes ont eu le plus grand mal à faire reprendre par leur établissement leurs cadeaux !).

-Des parents, qui avaient privés leurs enfants d’ordinateur se plaignent qu’une Super Nanny politique vienne contrecarrer leur choix éducatif par une décision unilatérale.

- cette opération s’est déroulée sans concertation avec les administrations et les équipes pédagogiques des établissements : les proviseurs, au pied levé se sont transformés en chef de rayon de Dell (il a fallu même demander aux parents de venir chercher plus tôt leurs enfants afin d’éviter le racket !) ; les enseignants eux, ont plutôt mal accueilli ces élèves aux boîtes noires dans leurs cours. S’il y a deux profs par lycée qui en font un usage pédagogique régulier c’est beaucoup, tous les autres préfèrent les interdire, à raison, car les lycéens s’en servent pour jouer pendant les cours.

- la Région a aussi donné aux élèves du privé : ce qui fait au total plus de 8000 portables distribués pour un prix d’achat de 259 euros l’unité soit plus de 2.072.000 d’ euros non virtuels des contribuables guadeloupéens  « donnés » à une entreprise privée ; des chiffres largement en deçà de la réalité puisque l’opération a été étendue aux classes de BTS ( ceux-là sont en âge de voter, pourquoi s’en priver !)

- les représentants de la Région étaient incapables de répondre aux interrogations légitimes des professeurs, lors de la grande cérémonie de remise, symptôme évident du « coup de pub » et de l’impréparation

- un point positif quand même : l’ordinateur tourne sous Linux, système d’exploitation libre …sauf que ni les profs ni les élèves n’ont reçu de formation. Résultat : presque tous les ordinateurs sont maintenant sous Windows !

Voilà comment notre anti-Midas (il transforme l’or en boue !) souille une belle idée parce qu’il confond agitation et action, propagande politicienne et prospection politique. S’il s’était donné le temps (hors calendrier électoral) de prendre langue avec les acteurs de terrain, on aurait pu aboutir à une véritable programmation, tenant compte du fameux projet ENT gouvernemental (Environnement Numérique de Travail). En oubliant de partir du réel des établissements, Lurdows s’est en fait transformé en Lurel.exe, un programme malveillant dont on ne connaît à ce jour ni antivirus ni correctifs de sécurité. S’il avait voulu écouter : on aurait pu lui dire qu’avant de balancer des ordinateurs par la fenêtre, il aurait pu déjà colmater l’existant. En effet, nombre de lycées ne disposent pas d’une salle informatique digne de ce nom (c’est-à-dire qui ne sont pas régulièrement HS !) ; les professeurs doivent se battre pour faire entrer leurs notes trimestrielles (ici, un seul PC muni d’onduleur, là un seul PC avec imprimante. La plupart du temps les lycées, faute d’argent n’ont pas de vrais services de maintenance !). En même temps, Lurel vient de réduire de 15% en moyenne la dotation globale accordée aux Lycées. On cherche la logique, et on n’y voit que saupoudrage et communication électoraliste : beaucoup d’élèves ne s’y sont pas trompé, et ont jeté dans les poubelles les sacoches frappés du logo de la Région. Comme pour confirmer nos dires, ceux qui fréquentent les restaurants, en particulier ceux de la marina, auront remarqué d’étranges sets de table présentant non pas telle ou telle manifestation culturelle ou sportive mais l’agenda des rencontres et inaugurations de notre Sarkozy régional. Lurel-Chevry : un set partout ! Le Lurelisme, comme un goût de Chevrysme recyclé !

Wonal

Perspektives

L’an dernier, un nouveau site internet guadeloupéen a vu le jour. Perspektives n’est pas dans la course à l’actualité, ni dans la chasse aux scoops.  Il est alimenté par des articles de fond et des analyses pertinentes. Entretien avec Didier Levreau, journaliste et membre de la revue en ligne.

Fwiyapin : Les réflexions issues des débats que vous suscitez ont-elles un prolongement (rencontres, soirée-débat avec les internautes, etc) ?

Didier Levreau: Il y a les commentaires sur le site, des discussions que nous avons avec les personnes qui connaissent la revue en ligne, mais rien de public. Nous existons depuis moins d’un an, avec des moyens limités. Votre question est intéressante, elle induit un élargissement du débat, nous y pensons, nous y pensions, mais nous avons fait le choix d’avancer à un rythme lent. Nous voudrions pour commencer que les commentaires soient plus denses sur le site, que des lecteurs de la revue en ligne proposent des textes critiques ou contradictoires, nous n’en sommes pas encore là.

F : Exister uniquement sur internet et non en version papier (payante ou pas), c’est un choix économique ?

D.L: Nous avions songé à l’origine à une revue papier, mais cela ne s’est pas avéré possible. La revue en ligne Perspektives est une association loi 1901 qui fonctionne avec un noyau actif de trois personnes bénévoles et une dizaine de personnes présentes mais moins actives. L’engagement financier est minimum. Une fois le site créé, tout le travail rédactionnel est bénévole. Il est évident que passer à une version papier aurait un coût difficile à assumer. Investir pourquoi pas, mais il faut un espoir d’équilibre, très incertain à l’heure actuelle.

Pour tout vous dire, j’ai été journaliste dans la presse quotidienne écrite durant de très longues années, pas en Guadeloupe. J’ai assisté de l’intérieur jusqu’en 2008 à la révolution médiatique qui a mis en difficulté les journaux papiers. C’est une réalité. Donc pourquoi ne pas utiliser le net pour créer une revue ? Toutefois nous n’avons pas complétement abandonné l’idée d’une version papier une ou deux fois par an, mais c’est compliqué.

F : Pourquoi ne pas avoir rejoint d’autres structures médiatiques ou associatives plutôt que d’avoir créer un site ? Cela ne va-t-il pas participer à une certaine forme d’émiettement du savoir et au final à une perte pour l’internaute qui ne sait déjà plus où donner de la tête?

D.L: Internet permet le fourmillement, la créativité, l’initiative. Avant de mettre en ligne Perspektives nous avons vu ce qui existait et rencontré quelques personnes. Ce que nous voulions faire n’existait pas: une revue qui ne colle pas à l’actualité, ni à la polémique du moment, qui reprenne des sujets avec un peu de recul et n’ait pas d’ a priori idéologique ou politique. Chercher le sens, essayer de comprendre. Haïti est un cas d’école: le monde se penche sur ce pays, s’apitoie, envoie des dons, c’est nécessaire, mais connait-on l’histoire de ce pays ? On retient le première République noire, 1804, mais que sait-on des dictatures successives, du rôle des Américains, de la corruption etc. Le sujet sur Monsanto qui a fait don de tonnes de maïs hybrides à Haïti allait dans ce sens. Des paysans haïtiens ont manifesté contre, qui en parle ?

Pour l’émiettement du savoir, oui en effet, mais rien empêche les rapprochements. Entre Fwiyapin et Perspektives par exemple on peut imaginer des partenariats, pourquoi pas ?

F : L’internaute navigant sur votre site constate que le Conseil général de Guadeloupe est votre seul et unique partenaire. Vous êtes limités dans le choix de vos articles et éditoriaux ?

D.L: Fin 2009, début 2010 nous avons envoyé des dossiers pour présenter notre projet à plusieurs institutions. La Région Guadeloupe, le Conseil général, la direction régionale des affaires culturelles (Etat) etc. Ces institutions gèrent l’argent public, fruit des impôts et taxes payés par vous et moi. Il ne nous semblait pas illégitime de demander un appui financier. Le Conseil général a été le seul à répondre. Il nous a accordé une aide de 1200 € pour l’année 2010/2011, non renouvelable. Cette somme nous a permis de couvrir une partie des frais techniques de création du site. Une partie seulement.

Cette aide que nous avons acceptée n’influe aucunement dans le choix des articles. Dans un sujet sur l’illettrisme sur la base d’un rapport du ministère il est indiqué que les conseils généraux d’Outre-Mer soutiennent peu ce qu’on appelle la lecture publique. C’est regrettable.

F : Vous dîtes prendre le temps de réfléchir et de ne pas vous précipiter sur les sujets d’actualité pour prendre du recul. Ce ne serait pas tout simplement la conséquence d’une équipe réduite qui n’a qu’un temps limité à consacrer à l’activité de votre revue ?

D.L: Si nous étions cinq ou six personnes de plus, engagées et motivées, ce serait bien, mais pas forcément pour traiter l’actualité, ni se « précipiter » sur les sujets. Pour avoir travailler longtemps dans la presse quotidienne je pense qu’il est parfois plus facile de traiter deux ou trois sujets d’actualité de façon rapide; qu’un seul sujet en s’efforçant d’aller un peu plus loin, soigner l’argumentation, l’écriture. Voyez à quelle vitesse on peut lire certains quotidiens, dont je ne citerai pas le nom, et qui emploient pourtant de nombreuses personnes.

Cela n’empêche pas, en effet, que la revue a une équipe réduite qui n’a qu’un temps limité.

F : Bien que vous soyez présents sur internet, vous avez déjà pensé à critiquer la toile et les usages que nous en faisons ?

D.L: Quand avons-nous critiqué internet ? Critiquer globalement la toile n’aurait pas de sens. C’est comme si on critiquait l’édition, la littérature ou la musique. Il y a le pire et le meilleur sur internet, comme il y a le pire et le meilleur dans l’édition, la littérature ou la musique. Perspektives est sur Facebook, pourtant on peut discuter de la qualité de ce qu’on trouve sur les réseaux sociaux.

F : Des membres de Perspektives appartiennent-ils au CIPPA (on a pu lire leur récente déclaration sur votre site) ou à d’autres organisations politiques ?

D.L : Personne dans la revue n’appartient au CIPPA, ni à aucune autre organisation politique. Nous avons publié ce texte car il nous a semblé avoir une certaine cohérence et peut servir de base réaliste à une discussion sur le statut et l’avenir de la Guadeloupe.

F : Les sujets que vous abordez sont multiples et donnent le sentiment d’une vision globale. Vous n’avez pas encore évoqué le concept de décroissance, qui pourtant fait son chemin. Vous êtes fâchés avec ce mot ?

D.L: La décroissance pourquoi pas. Nous allons peut-être y être forcé. Il me semble qu’en matière de transport nous avons évoqué la nécessité de réduire le nombre de véhicules automobiles, c’est une forme de décroissance. En tout cas nous sommes preneur d’un sujet sur ce thème et nous ne sommes pas fâchés avec ce mot. Tout ce qui peut faire avancer la réflexion et la nôtre pour commencer, nous intéresse. Il n’y a que la mauvaise foi et le parti pris sans arguments qui ne nous intéressent pas.

F : Quels sont vos projets à venir ?

D.L: Continuer, créer des liens, avoir des lecteurs, internet est un lieu de rencontre, d’énergie et d’idées, il faut l’utiliser et le faire vivre. La revue Perpektives n’est pas conçue en tout cas comme la propriété ou la chasse gardée d’un petit groupe, c’est ouvert.

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Un bouquin qui a du chien (créole)

L’idée de départ est bonne et le résultat est convaincant. Revenir sur les prémisses et la chronologie des secousses et soubresauts qu’a connus la Guadeloupe en 2009. C’est à cette tâche que se sont attelé Frédéric Gircour et Nicolas Rey. Le premier vit en Guadeloupe depuis six ans et a suivi de très près le mouvement social, ses avancées, ses victoires et ses maladresses, tant il était « embedded » dans le Liyannaj. La deuxième plume, guadeloupéenne mais vivant à l’étranger, sociologue, professeur à l’université, auteur de Lakou et Ghetto apporte une caution d’expertise sociale et historique.

Sur 70 pages, dans un style alerte et de manière globalement exhaustive, le déroulement chronologique d’une des plus grandes grèves de la Guadeloupe est décrit. Ceux qui l’ont vécue en ont peut-être des souvenirs frais, mais il est important de garder collectivement cette mémoire du combat et au-delà de l’histoire. La grève débute le 20 janvier 2009, investiture du président américain Barack Obama. Mouvement social sous-estimé par les autorités françaises pour plusieurs raisons selon les auteurs. A cause du calendrier d’une part, les Guadeloupéens aiment trop le carnaval. Effectivement d’une certaine façon, le vidé aura bien lieu dans les rues de Lapwent et d’autres communes. Mais aussi pour cause de réforme des renseignements généraux qui fusionne DST et RG. Ainsi le secrétaire d’État à l’Outre-Mer Yves Jégo, dont certains passages de son bouquin sont repris, ne s’inquiète de rien avant d’être interpelé par Jeanny Marc à l’assemblée nationale. Rien ou presque (voir plus bas) de ce qui touche de près ou de loin à ces 44 jours n’est oublié. La logique de pourrissement insufflée par le gouvernement, le sabotage des négociations du MEDEF, les embrasements insurrectionnels sont dépeints en détails. Des dossiers spéciaux viennent compléter le récit en apportant des précisions sur la genèse du mouvement, les situations de monopoles ou d’oligopoles dans le réseau de la grande distribution, l’empoisonnement au chlordécone, la question de l’essence et la mort de Jacques Bino. Ces deux derniers sujets, fouillés et bien documentés apportent une valeur ajoutée à cet opus dont la lecture vous est vivement recommandée.

LKP: ses faux pas, ses errements et ses non-dits… ah bon où ça ?

Y-a-t-il véritablement une critique sur les points qui ne sont pas à l’avantage du LKP ? Non pas que nous nous attendions à une casse  systématique de la stratégie adoptée et à un passage au crible de chacune des singulières individualités formant le LKP. C’est juste que les auteurs, surement par désir de ne pas se faire étiqueter comme gauchistes primaires, ont défini en introduction à leur travail l’objectif suivant: « montrer ses faux pas, ses errements et ses non-dits ». Autant vous prévenir tout de suite, vous serez déçu si c’est ce qui vous amène à vous procurer l’ouvrage. Même si les réponses sont données avec brio, fallait-il démontrer au lecteur que le LKP n’est pas raciste et ne réclame pas l’indépendance ? L’unique faute d’Élie Domota aurait donc été de ne pas révéler à ses partenaires sa rencontre avec Jégo autour d’une bouteille de rhum et de quelques acras ? Un manque de transparence envers ses collègues ? Oui c’est évident mais… et le peuple fallait lui dire au fait ?

Gircour est proche d’Alex Lollia, un enseignant engagé, porte parole du syndicat CTU. Plusieurs fois, des bribes d’interview de Lolia loin d’être dénuées d’intérêt parsèment le livre. Les images du syndicaliste sur un brancard après intervention de la police ont fait le tour du pays et ont suscité de nombreux commentaires. Des personnes ont parlé de mise en scène à l’époque, parole ne leur a pas été donnée. .. Nous n’insinuons évidemment pas qu’il y ait eu simulation, mais pourquoi ne pas exposer les arguments adverses, quitte à les balayer d’un revers de la main ? De même, Gircour n’est pas avare de détails – et c’est tant mieux, quand il relate par le discours en créole de Domota au World Trade Center. Mais cet évènement historique pour les Guadeloupéens, nous l’avons tous en tête.  On s’en souvient moins et ce passage est à peine commenté, la théâtralité de l’historien Frédéric Régent s’emparant du micro pour proclamer les célèbres mots de Delgrès « vivre libre ou mourir ».

Plus critique (enfin!) quelques lignes sur la forme plus que sur le fond à propos de la communication du LKP (illusion d’une victoire définitive et non pas d’un combat inachevé le 4 mars, enfermement dans un discours de dénonciation, etc)

Sara: l’empire d’essence

On l’oublie un peu vite, l’étincelle qui a déclenché l’embrasement a été le ras-le-bol de la population concernant le prix de l’essence. Un dossier très pédagogique et instructif est consacré à cette thématique. L’essence est partout au même prix en Guadeloupe; c’est la conséquence d’une décision de l’État. Mais le prix pratiqué est un prix plafond. Autrement dit vous paierez toujours le prix maximum autorisé… qui est le même dans toutes les stations.

Un marin-pêcheur Philippe Jouve met les mains dans le cambouis pour essayer d’y voir plus clair dans l’établissement du prix. Il découvre et dénonce au niveau de sa corporation pléthore de taxes injustes, service inexistant payé deux fois, usagers mis à contribution à la place des actionnaires, etc. En 2008, le rapport Payen fait beaucoup de bruit. Jean-Marie Brissac un membre de la CGTG y a contribué, il vient épauler le LKP sur l’explosive question du carburant. Le syndicaliste permet de révéler qu’on ne sait pas vraiment d’où vient l’essence de la SARA puisque cela relève de sa seule bonne foi. Même Jégo n’aura pas de mots assez durs pour dénoncer cette « entreprise idéale pour ses actionnaires, puisqu’en situation de monopole et qui ne subit aucun risque industriel, avec un État qui lui garantit ses marges ».

Lèkti kont pwofitasyon

On dévore très vite, trop vite les petites 200 pages agrémentées par de belles photos en noir et blanc issues du site internet de Gircour (Chien Créole). Avec toutes les références d’articles de presse (internet pour l’essentiel et du blog précité d’un des deux auteurs notamment), d’émissions télé et de livres, il y avait possibilité de réaliser des dossiers plus riches encore en détails et informations. De plus, si les guadeloupéens et martiniquais habitant l’Hexagone ne sont pas oubliés, les évènements touchant le pays du C5F sont à peine évoqués. Idem pour la Guyane et la Réunion.

On ne retrouvera pas non plus la puissance politique et poétique de Frantz Succab et Monchoachi (Qui ne connait pas Monsieur Domota?) et leurs si belles proses. L’apport beaucoup plus factuel du binôme Gircour-Rey nous apparaît néanmoins  suffisamment incontournable pour le placer sur l’étagère de l’histoire contemporaine de la Guadeloupe.

LKP Guadeloupe: le mouvement des 44 jours, Frederic Gircour, Nicolas Rey éditions Syllepse, 15 €
Quatrième de couverture

(Re)lire sur Fwiyapin:
Le président du Groland rencontre Élie DomotaDomotage de son discours ?
Selon le proc: Domota et Despointes menm bèt menm pwèl
L’interview (presque) imaginaire d’Alain Huygues-Despointes
LKP: Lyriks Kont Pwofitasyon
LKP: Lèkti Kont Pwofitasyon
Et Demain ?
Un présidentiel foutage de gueule
Le peuple d’en bas est beau
Grève: témoignage d’une guadeloupéenne
Le nouveau produit d’exportation guadeloupéen
LKP: ironie du sort
Le LKP bouge encore…
Pourquoi parlent-t-il le créole ?
Lurel et Gillot: on arrête les clowneries ?
LKP jambé dlo part III
LKP jambé dlo part II
LKP jambé dlo

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